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LA FOIRE DU DRONE - SECURITE, VIE PRIVEE, OU SE SITUE LA LIMITE ?

mardi 19 avril 2016, par C3V Maison Citoyenne

Aux Etats-Unis, les drones commerciaux veulent survoler les villes


On ne peut contenter tout le monde et son père. La FAA, l’équivalent américain de la Direction de l’Aviation Civile, devrait faire sienne cette maxime rendue célèbre par Jean De La Fontaine dans Le Meunier Son Fils Et l’Ane. Chargée de définir une législation relative aux drones, la Federal Aviation Administration va devoir trancher entre des intérêts contradictoires, voire inconciliables. Ces dernières semaines ont livré une nouvelle illustration de la difficulté de sa tâche. Constituée en son sein, une commission vient de recommander que soit autorisé le survol – sous certaines conditions – de zones urbanisées par des drones utilisés dans un cadre commercial. Jusqu’à présent, ces derniers ne peuvent survoler que les personnes directement engagées dans une opération en cours. Hormis pour les activités ayant obtenu une dérogation accordée par la FAA, notamment dans le cadre d’expérimentations.

Le groupe de travail - qui rassemble des constructeurs de drones, des sociétés qui en exploitent, des pilotes ainsi que des représentants des aéroports - propose d’autoriser le survol de zones peuplées à condition que l’appareil ne se trouve pas à moins de 20 pieds (6 mètres) des personnes. Lors du décollage et de l’atterrissage, l’appareil ne devra pas être à moins de 10 pieds (3 mètres) du public. La FAA a immédiatement été assaillie de réactions hostiles. Nombre d’organisations et de particuliers estiment que libéraliser les survols commerciaux va poser des graves problèmes de sécurité. Et la proposition, avancée par la Commission, de soumettre les drones à des opérations de crash-test, comme les automobiles, n’est sans doute pas de nature à les rassurer. Les protestations les plus véhémentes sont venues de ceux qui redoutent de voir se multiplier les atteintes à la vie privée. A six mètres au-dessus du sol, soulignent-ils, on peut voir beaucoup de choses.

A contrario, interdire le moindre survol des populations va couper les ailes à certaines activités qui commencent à ne plus tout à fait pouvoir se passer du recours aux drones. Le cinéma et les médias sont très demandeurs. Les travaux d’inspections de lignes électriques ou de relais de télécommunications sont eux aussi devenus de fervents utilisateurs. Le secteur le plus intéressé est sans doute celui de la construction. Sur les chantiers, désormais, le suivi au jour le jour de l’avancement des travaux est souvent réalisé par un drone effectuant, grâce à ses capteurs, des relevés extrêmement précis auxquels se référent les différents corps de métier. La FAA n’est pas obligée d’avaliser le scénario avancé par la commission qu’elle a mise en place et dont les travaux ne constituent, aujourd’hui, que de simples propositions. Ce ballon d’essai promet néanmoins de mettre, une fois de plus, l’Aviation civile sous la pression.

Jean-Michel Normand

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