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LES GRANDS DOSSIERS DE L’ETE

NUCLEAIRE - REPRISE AU JAPON - OU EN EST-ON A FUKUSHIMA ?

mercredi 12 août 2015, par C3V Maison Citoyenne

10/08/2015

Le Japon relance le nucléaire, malgré l’hostilité de sa population

Le Japon avait mis à l’arrêt tous ses réacteurs nucléaires, mais les réalités économiques et des arguments écologiques le font changer d’avis.

Le nucléaire a été relancé ce mardi, une première depuis septembre 2013 et l’arrêt des centrales après la catastrophe liée au tsunami de 2011. Un changement de politique controversé, d’abord motivé par des raisons économiques.

L’arrêt du nucléaire n’aura pas tenu deux ans.

Tokyo a relancé, dans la nuit de lundi à mardi, un premier réacteur nucléaire, "Sendai 1", deux ans après la fermeture de toutes les centrales nucléaires du pays à la suite de l’accident de Fukushima lors du tsunami et du séisme de mars 2011.

La compagnie Kyushu Electric Power , responsable de son exploitation, a expliqué sa procédure : "Nous relancerons ce réacteur le 11 août et il devrait commencer à générer de l’électricité le 14". L’opérateur souhaite ensuite "faire monter progressivement la puissance" pour atteindre "une exploitation normale à compter de début septembre".

Le réacteur, effectivement relancé à 10h30 locales (soit 2h30 en France), doit entrer en réaction en chaîne auto-entretenue à compter de 23h (soit 16h). Ce redémarrage se fait sous la supervision de l’autorité de régulation nucléaire. Kyushu Electric promet "faire de la sûreté sa priorité et effectuer avec prudence les étapes du procédé de remise en service".

Des manifestations d’opposants

Au cri de saikado hantai ("contre le redémarrage"), environ 200 personnes protestaient aux portes de la centrale. Parmi les manifestants, Naoto Kan, Premier ministre au moment de l’accident de Fukushima et devenu depuis un des plus virulents militants antinucléaires, à l’instar de plusieurs autres de ses prédécesseurs, dont Junichiro Koizumi (2001-2006), mentor de Shinzo Abe.
"L’accident de Fukushima n’est toujours pas résolu et toutes les causes ne sont pas même élucidées, alors pourquoi relance-t-on aujourd’hui un réacteur ?", s’agaçait devant les caméras une habitante de la préfecture de Fukushima venue spécialement à Sendai. Une manifestation était également prévue mardi soir devant la résidence du Premier ministre à Tokyo.

Le retour à l’énergie atomique

Le Japon , dont un peu plus d’un quart de l’électricité était d’origine nucléaire avant 2011, est totalement privé d’énergie atomique depuis le 15 septembre 2013. L’ampleur de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, après le tsunami de mars 2011 dans le nord-est du pays, a dépassé toutes les dispositions techniques de sûreté.

Ainsi ce réacteur "Sendai 1" était éteint depuis le 10 mai 2011 pour un cycle de maintenance régulière, mais n’avait pas pu être réactivé depuis en raison de la décision des autorités d’instaurer des normes de sûreté plus sévères à l’aune du désastre de 2011.
Les réacteurs nucléaires japonais : tous sont à l’arrêt avant la relance de Sendai AFP
Le Japon avait mis à l’arrêt tous ses réacteurs nucléaires, mais les réalités économiques et des arguments écologiques le font changer d’avis.
Le Japon comptait 54 réacteurs exploitables avant la destruction des six réacteurs de la centrale de Fukushima. Sur les 48 restants, cinq au moins doivent être démantelés.
Economie et écologie ?

Sans nucléaire, le pays compensait jusqu’alors avec des centrales thermiques tournant à pleine puissance ou remises spécialement en marche. Suffisant en électricité, mais le gouvernement du conservateur Shinzo Abe soutient que les réacteurs nucléaires sont indispensables. Motifs : le surcoût économique de l’achat des hydrocarbures, mais aussi les ambitieux objectifs en matière de rejets de CO2 et autres gaz à effet de serre.
La production d’électricité au Japon. L’arrêt du nucléaire suite à l’accident de Fukushima.

REUTERS/Issei Kato

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Et pendant ce temps, où en est FUKUSHIMA ?


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L’IRSN publie sur cette page ses notes d’information sur l’état des installations de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et les travaux qui y sont menés à partir des informations qui sont rendues publiques.

Actions de maîtrise des installations

Les réacteurs 1, 2 et 3 sont désormais maintenus à une température comprise entre 20 et 50 °C par injection permanente d’eau douce (5 m3/h par réacteur). L’eau injectée, après s’être chargée en radioactivité, s’écoule ensuite dans les sous-sols des bâtiments où elle se mélange aux infiltrations d’eaux souterraines. Cette eau est reprise pour être traitée et partiellement réutilisée pour assurer le refroidissement des réacteurs.

Les piscines d’entreposage d’éléments combustibles sont refroidies en circuit fermé ; les températures dans les piscines sont inférieures à 30 °C.

Des événements, dont la fréquence diminue progressivement, surviennent au fil du temps. Ils sont le plus souvent sans conséquence technique notable et donne lieu à des mesures d’amélioration.

En conclusion,

l’IRSN relève l’importance des moyens déployés par Tepco pour la maîtrise des installations, dans un contexte toujours difficile lié à une connaissance encore limitée de l’état des installations, à une accessibilité réduite dans les bâtiments accidentés, à des conditions d’interventions contraignantes et au niveau de fiabilité de certains moyens mis en œuvre.

Eu égard au temps nécessaire au démantèlement des installations, l’IRSN souligne que les actions de maîtrise des installations doivent s’inscrire dans la durée et nécessitent une grande vigilance de la part de Tepco.

En outre, les eaux contenues dans les sous-sols des bâtiments étant radioactives et les volumes ajoutés journellement étant très importants, leur traitement et leur entreposage restent des enjeux importants de la reprise du contrôle des installations afin de limiter les rejets dans l’environnement.

Actions de maîtrise des rejets

Compte tenu des dégradations très importantes subies par les barrières de confinement des matières radioactives, des rejets diffus se poursuivent dans l’atmosphère, de même que dans le sol et donc les eaux souterraines.

Aussi, Tepco poursuit ses actions en vue de maîtriser les rejets, notamment, en regard des rejets gazeux, en recouvrant les bâtiments des réacteurs et en maîtrisant la pression dans les enceintes de confinement. Ainsi, une structure a été construite entre janvier et juillet 2013 pour recouvrir le bâtiment du réacteur n°4. Celle du bâtiment du réacteur n°1 était en place dès octobre 2011, mais son retrait va toutefois être nécessaire pour évacuer les débris en vue de la poursuite des travaux de démantèlement. A l’issue de ces travaux, une nouvelle structure sera mise en place. Enfin, les travaux de couverture du bâtiment du réacteur n°3, le plus dégradé par les explosions, sont en cours.

Pour éviter que les eaux souterraines polluées parviennent dans l’océan, Tepco a également mis en place un écran d’étanchéité côté océan et des pompages d’eau de nappe entre les stations de pompage des différents réacteurs. Ces dispositifs locaux ont été complétés par une barrière d’étanchéité (« mur ») en bordure d’océan, d’environ 900 m de long, afin d’intercepter les écoulements souterrains en aval de l’ensemble du site. Les travaux sont quasiment terminés.

Pour l’IRSN, les dispositions prises par Tepco apparaissent de nature à limiter les relâchements vers l’océan, voire à les empêcher si elles sont totalement efficaces. Toutefois, les pompages de nappe associés conduisent à augmenter les flux d’effluents à gérer.

Gestion des eaux

Tepco a mis en œuvre trois procédés de retrait des radionucléides dans des délais courts. L’un d’eux n’est plus utilisé car il générait un important volume de boues radioactives. L’exploitant a ensuite lancé le développement d’un système permettant un traitement plus complet dénommé « multi-nuclides removal equipment » ou « advanced liquid processing system » (ALPS).

Depuis octobre 2014, un ALPS « haute performance » est entré en fonctionnement. L’objectif est, à compter de mai 2015, de n’entreposer que de l’eau ayant fait l’objet d’un traitement complet et donc ne contenant quasiment plus que du tritium – seul radionucléide pour lequel il n’existe pas de moyen industriel afin de l’extraire de l’eau.

Le traitement des eaux n’est qu’une première étape. Tepco doit obtenir les autorisations pour le rejet des eaux traitées, contenant encore une radioactivité résiduelle. En attendant, des volumes d’eau sans cesse croissants (environ 600 000 m3 à ce jour) sont entreposés sur le site. A noter que Tepco a rencontré de nombreux problèmes d’étanchéité, d’importance variable, sur les équipements d’entreposage des eaux radioactives.

La robustesse des entreposages, y compris ceux représentés par les bâtiments et les galeries techniques enterrées, et leur gestion sont un point crucial pour la maîtrise de la pollution de l’environnement, compte tenu des volumes d’eau présents et de la radioactivité contenue.

Tepco souhaite aussi diminuer le volume d’eau à gérer en diminuant les infiltrations d’eaux souterraines dans les bâtiments. L’exploitant a ainsi mis en œuvre un premier dispositif qui pompe les eaux souterraines sur la colline en amont des bâtiments nucléaires et la rejette après contrôle.

Par ailleurs, une solution permettant de confiner la nappe et d’arrêter les infiltrations d’eaux souterraines autour des bâtiments nucléaires consiste à ceinturer complètement les bâtiments à l’aide d’un écran étanche, par congélation des terrains jusqu’à une trentaine de mètres de profondeur. Le dispositif pourrait être opérationnel en 2015. Des essais des dispositifs de pompage sont en cours.

L’IRSN souligne l’importance à apporter à la conception et à la gestion de ce dispositif en vue notamment de maîtriser la baisse conjointe du niveau de la nappe et du niveau des eaux radioactives dans les bâtiments pour éviter une fuite des eaux des bâtiments vers la nappe.

Plan de reprise du contrôle des installations

L’année 2014 a vu l’aboutissement d’une étape majeure dans la reprise du contrôle des installations : le retrait des assemblages de combustible de la piscine du réacteur n°4, la plus chargée en combustibles.

Le plan d’actions prévoit 3 étapes :

retrait des assemblages de combustible présents dans les piscines des autres réacteurs – à partir de 2015 pour la piscine du réacteur n°3, à partir de 2017 pour celle du réacteur n°2 et à partir de 2019 pour celle du réacteur n°1 ;
retrait des combustibles dégradés des réacteurs n°1 à 3, à savoir au début des années 2020 pour les réacteurs n°2 et n°3 et vers 2025 pour le réacteur n°1. Ce calendrier est très dépendant du programme de recherche et des connaissances acquises sur l’état des installations ;
démantèlement complet des installations, avec un objectif de 30 à 40 ans.

L’IRSN souligne que les délais annoncés sont à considérer comme des ordres de grandeur et que d’importantes opérations de caractérisation approfondie de l’état des installations ainsi que des travaux de recherche sont encore à réaliser.

L’IRSN relève toutefois l’importance des moyens mis en œuvre par Tepco pour tenir l’échéancier annoncé. Tepco ajuste régulièrement son échéancier, mais, à ce jour, l’avancement apparaît en ligne avec l’échéancier du plan d’actions en 3 étapes.

DOSIER COMPLET ICI

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