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LE COMMISSAIRE À L’AGRICULTURE SOUTIENT UNE NOUVELLE ÉTUDE D’IMPACT SUR LES PROJETS DE RÉDUCTION DES PESTICIDES

samedi 14 janvier 2023, par C3V Maison Citoyenne

LE COMMISSAIRE À L’AGRICULTURE SOUTIENT UNE NOUVELLE ÉTUDE D’IMPACT SUR LES PROJETS DE RÉDUCTION DES PESTICIDES

Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a soutenu l’idée d’une nouvelle évaluation d’impact des plans de réduction des pesticides, une initiative défendue par les États membres mais considérée par les eurodéputés et les militants écologistes comme un moyen détourné de bloquer la législation.

« Oui, nous avons besoin d’une évaluation d’impact solide », a déclaré le commissaire lors d’un point de presse en marge de la conférence sur les perspectives agricoles de l’UE, jeudi (8 décembre).

Soulignant la nécessité de trouver la meilleure approche qui tienne compte des différents points de départ des États membres, M. Wojciechowski a déclaré qu’une analyse d’impact « devrait bien sûr être réalisée ».

« Nous avons besoin d’informations solides sur les conséquences de l’utilisation des pesticides », a-t-il expliqué.

Depuis sa présentation en juin, la proposition de nouvelle législation de la Commission européenne sur les pesticides, le règlement sur l’utilisation durable des pesticides, rencontre l’opposition de nombreux États membres, notamment en raison de son ambition de réduire de moitié les risques et l’utilisation des pesticides d’ici 2030.

Les objectifs nationaux de réduction fixés dans la proposition, ainsi que les dispositions qui prévoient l’interdiction totale de l’utilisation de pesticides chimiques, se sont avérés tout aussi controversés. En effet, les États membres estiment que l’effort de réduction pourrait compromettre la sécurité alimentaire dans un contexte de marché tendu en raison de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Se fondant sur l’argument selon lequel la proposition doit être réévaluée face à l’évolution de la situation, les Vingt-Sept se préparent à demander officiellement à la Commission de réaliser une nouvelle étude sur l’impact de ses plans de réduction sur la production alimentaire.

Cette démarche pourrait être officialisée cette semaine, puisque les représentants des États membres devraient voter en faveur d’une telle étude ce samedi.

Étant donné que l’étude d’impact effectuée par la Commission a été « préparée avant la guerre en Ukraine et les crises énergétique et alimentaire », les ministres sont « inquiets qu’elle ne prenne pas en compte les impacts à long terme que ces crises pourraient avoir sur la sécurité alimentaire dans l’Union et le reste du monde », peut-on lire dans le projet de décision, consulté par EURACTIV.

Une analyse qui paralyse ?
Mais du point de vue de l’eurodéputée écologiste Sarah Wiener, négociatrice en chef du Parlement européen sur la question, les pressions pour une analyse d’impact ne sont rien de plus qu’une obstruction.

« Le Conseil veut retarder le travail sur la directive sur l’utilisation durable des pesticides avec des excuses peu convaincantes », a-t-elle expliqué à EURACTIV. « On veut faire passer à la va-vite des demandes qui auront des conséquences désastreuses pour l’environnement et la santé publique dans l’UE ».

Mme Wiener a également déclaré que les États membres sont susceptibles de voter en faveur de la décision, puisque, jusqu’à présent, seuls l’Allemagne et les Pays-Bas ont présenté des commentaires, notamment des objections ou des réserves, sur le projet.

Les eurodéputés Verts et les défenseurs de l’environnement ont soutenu la proposition de la Commission et affirment que les ambitions de réduction des pesticides ne devraient pas être retardées, même face à la guerre en Ukraine. Ils invoquant notamment les risques que les pesticides chimiques font peser sur la santé humaine et sur la biodiversité.

Les citoyens « veulent une alimentation qui ne soit pas contaminée par des résidus de pesticides », a déclaré Jan Plagge, président de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM), lors d’une conférence de presse mardi.

« Le statu quo n’est pas une option pour relever les défis du changement climatique et de la perte de biodiversité », a-t-il ajouté.

Les plans de réduction des pesticides demeurent un problème « non résolu », selon le commissaire à l’Agriculture
Selon le commissaire européen à l’Agriculture, trouver l’approche la plus équitable pour réduire l’utilisation des pesticides demeure un problème « non résolu ».

La résistance des conservateurs
Les eurodéputés conservateurs, en revanche, se sont rangés du côté des ministres nationaux pour repousser les projets de la Commission.

« Nous soutenons la proposition du Conseil d’une évaluation d’impact holistique », a confié l’eurodéputé de centre droit Alexander Bernhuber à EURACTIV, avant d’ajouter que le groupe conservateur Parti populaire européen (PPE) « s’en tient au fait qu’il ne doit plus y avoir d’interventions irréfléchies dans la sécurité alimentaire en période d’incertitude ».

Par ailleurs, le président du PPE, Manfred Weber, qui s’est exprimé sur le sujet lors d’un événement mercredi, a qualifié les plans d’« inacceptables », ajoutant qu’« au moment où nous devons produire davantage, la Commission élabore des plans visant à faire exactement le contraire ».

Il a poursuivi en promettant que le PPE fera tout son possible pour s’assurer que la proposition ne sera pas adoptée dans son état actuel.

Entre-temps, le moment où les États membres voteront sur la demande d’une nouvelle étude d’impact pourrait coïncider avec le changement de présidence du Conseil.

La présidence actuelle assurée par la République tchèque se terminant le 31 décembre, il lui reste peu de temps pour conclure cette décision, qui sera plus probablement conclue sous la présidence de la Suède.

Cela pourrait également signifier que le feu vert final à la décision serait donné par la réunion des ministres des Transports et des Télécommunications, les derniers à se réunir avant la fin de l’année, au lieu des ministres de l’Agriculture, qui en sont habituellement responsables mais qui se réuniront déjà au début de la semaine prochaine.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]