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En pleine croissance, les magasins bio perdent-ils leur âme ?

lundi 30 août 2021, par C3V Maison Citoyenne


Fruits exotiques, partenariats avec Amazon, salariés dénonçant de mauvaises conditions de travail... Certaines enseignes bio sont de plus en plus critiquées pour avoir perdu « l’esprit de la bio ». Les magasins s’en défendent, arguant œuvrer à faire découvrir l’agriculture biologique à tous.

Le logo vert et jaune a été retiré de la vitrine. À Rouen (Seine-Maritime), place des Carmes, le magasin Bio c’ Bon a été remplacé au début du mois de juin par un Carrefour City. Cette disparition est une des conséquences du rachat de l’enseigne de magasins bio en novembre 2020 par le groupe Carrefour. Partout en France, de Lille à Paris, une quinzaine de Bio c’ Bon ont subi la même transformation [1].

Depuis, les critiques fusent. Pour certains observateurs, ce changement symboliserait la « perte d’âme » des chaînes traditionnelles de magasins bio spécialisés. L’accusation revient régulièrement depuis quelques années : les boutiques telles que Biocoop, La Vie claire [2] ou encore Naturalia seraient devenues trop grandes, avec trop de produits, et auraient perdu de vue « l’esprit de la bio » des débuts. Au point de devenir comme n’importe quel magasin conventionnel de grande distribution. Est-ce réellement le cas ? Reporterre a tenté de démêler le vrai du faux.

D’emblée, une certitude : les Français consomment de plus en plus de produits bio. D’après le baromètre annuel de l’Agence bio, en 2020, 9 Français sur 10 ont consommé des produits bio au moins une fois dans l’année, et 73 % d’entre eux l’ont fait au moins une fois par mois. Par conséquent, le marché représente de plus en plus d’argent : 13,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020, soit une croissance de 10,4 % par rapport à l’année précédente. « Depuis une dizaine d’années, le bio est enfin sorti du carcan “militant bobo” dans lequel il a baigné pendant une trentaine d’années, observe le journaliste Frédéric Denhez, auteur de Le bio : au risque de se perdre (Buchet-Chastel). La grande distribution l’a fait sortir de ce cadre pour l’élargir à une clientèle plus vaste, des jeunes parents par exemple. Il y a eu une demande très forte, la grande distribution l’a compris et cela a profité aux enseignes traditionnelles qui ont grossi. »
Déchargement d’un camion de livraison Biocoop à Paris. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Oliver H

Quelques titres dévelopé dans ce message de REPORTERRE ICI

Pas de produits transportés par avion, mais des fruits exotiques
Un partenariat entre Naturalia et Amazon
« Les produits sont différents, mais ce sont les mêmes méthodes de travail qu’à Auchan ou Monoprix »
« On ne peut plus avoir un vrai militantisme en étant petit »
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