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« Une insulte à l’intelligence » : les maires anti-pesticides contestent en justice les distances d’épandage

mercredi 12 février 2020, par C3V Maison Citoyenne

BON À SAVOIR AVANT TOUT :
« Aucun épandage n’est autorisé à moins de 50 mètres des points d’eau, des caniveaux, des bouches d’égout et de 100 mètres des lieux de baignade et plages, des piscicultures et zones « conchylicoles »-> [1] »

Plus d’informations ici : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000425570&dateTexte=

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Devant le Conseil d’Etat, le collectif des maires anti-pesticides et de plusieurs ONG contestent et jugent insuffisantes les distances minimales d’épandage pour protéger les populations

Le Conseil d’Etat a examiné lundi les requêtes en référé du collectif des maires anti-pesticides et d’ONG qui réclament la suspension des textes fixant les distances minimales d’épandage des pesticides, qu’ils jugent insuffisants pour protéger les populations.

Cinq mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales et dix mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes.

Distance portée à 20 mètres pour les produits « les plus dangereux », qui représentent environ 0,3% des substances actives utilisées.
(Ce qui tend à admettre que des PRODUITS DANGEREUX sont pulvérisé sur nos futurs aliments ! Un comble !!!)

« Il y a un manque complet de protection. Il y a des enfants qui jouent à côté de ces pulvérisations », a déclaré lors de l’audience Me Corinne Lepage, au nom du collectif des maires anti-pesticides et des ONG Agir pour l’environnement et Criigen. « Il ne s’agit pas de faire de l’agribashing mais de dire que le droit à l’empoisonnement n’est pas reconnu par la Constitution française », a ajouté l’ancienne ministre de l’Environnement.

Jusque-là, des règles de protection spécifiques s’appliquaient aux lieux accueillant des personnes vulnérables comme les crèches ou les maisons de retraite. Mais dans une décision de juin 2019, le Conseil d’Etat avait estimé que l’arrêté de 2017 réglementant l’utilisation des pesticides ne protégeait pas suffisamment la santé des riverains en général ni l’environnement. Il avait donc donné six mois au gouvernement pour prendre de nouvelles mesures, décision ayant conduit à la mise en place de ces distances minimales d’épandage.

La juridiction étudiait lundi 11-02 2020, les recours de collectif de maires anti-pesticides et d’ONG qui estiment que les distances d’épandage sont insuffisantes pour protéger les populations.

« On ne peut pas nous faire le coup du nuage de Tchernobyl et dire que ce nuage de pesticides resterait uniquement à hauteur du champ », a ajouté l’emblématique maire de Langouët (Ile-et-Vilaine), qui avait pris en mai un arrêté interdisant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à moins de 150 mètres des habitations. Arrêté annulé depuis par la justice administrative.
La décision en référé du Conseil d’Etat doit être rendue d’ici ce vendredi. D’autres organisations, dont Générations Futures et UFC-Que Choisir, doivent déposer dans les semaines qui viennent un recours au fond contre les distances d’épandage.
SudOuest.fr avec AFP. 10/02/2020

Maine-et-Loire : Nouveaux cas d’intoxication après un épandage, l’utilisation d’un produit suspendue

Neuf personnes ont été prises en charge en fin de matinée, à Mazé-Milon dans le Maine-et-Loire Une nouveau cas d’intoxication à la suite d’un épandage

Il y a quelques jours, une vingtaine de personnes avaient été prises en charge par le CHU d’Angers pour le même problème. Ce vendredi midi, la préfecture du Maine-et-Loire signale neuf nouveaux cas d’ intoxication​ à la suite d’ un épandage en plein champ d’un produit phytosanitaire. Les personnes concernées, dont font partie quatre pompiers qui intervenaient sur place, n’ont pas été hospitalisées.
Gênées, elles souffriraient d’irritations oculaires et des voies respiratoires. Les faits se sont produits en fin de matinée sur la commune de Mazé-Milon, où il a été demandé aux riverains de rester chez eux.

Le produit suspendu temporairement

Le produit utilisé contiendrait la même molécule que dans les cas survenus la semaine dernière, à Mazé-Milon. Selon la préfecture, il semble que les agriculteurs n’auraient pas respecté la méthode d’application du produit, le Metam sodium, à la fois pesticide, fongicide, et herbicide.
Car l’utilisation de ce produit phytosanitaire bénéficie d’une dérogation dans le Maine-et-Loire, décidée par arrêté préfectoral. « La température actuellement élevée du sol, même après la pluie de ces derniers jours, rend le produit volatil », note également la préfecture.
20 Minutes avec AFP / 10/02/20
L’école de Villeneuve-de-Blaye où des enfants auraient été intoxiqués par le traitement de la vigne (XR/Rue89 Bordeaux)

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Aucuns de résultats et un flou total sur les pesticides : la politique publique de réduction vue par la Cour des comptes

En dépit de trois versions successives, les plans Ecophyto se sont soldés par une augmentation des quantités de produits chimiques.

C’esten substance, le bilan dressé par la Cour des comptes de dix ans d’action gouvernementale, impuissante à sortir l’agriculture française de sa dépendance aux pesticides. Le premier ministre, à qui ce référé en forme de constat d’échec a été adressé le 27 novembre 2019, disposait d’un délai de deux mois pour y répondre avant que ce texte ne soit rendu public mardi 4 février. Matignon a rédigé une défense in extremis lundi 10-02-2020.
Son arguments recensé sont des mesures censées encourager les agriculteurs à avoir la main moins lourde sur les produits chimiques, mais ne dit pas pourquoi les programmes de mobilisation et les millions d’euros dépensés depuis 2009 se sont jusqu’à présent soldés par une augmentation continue des quantités de produits vendues aux agriculteurs.

la France visait ce but de réduire de 50 % l’usage des pesticides en dix ans, d’atteindre 50 % d’exploitations engagées en certification environnementale vers 2012 et 20 % de surfaces agricoles en bio en 2020 !

Le Monde / 04 février 2020

Notes

[1(didactique)élevage des coquillages comestibles. et des points de prélèvement d’eau destinée à la consommation humaine ou animale.

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