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Comptes d’EDF - Une ANALYSE INDEPENDANTE DECLARE : l’entreprise est asphyxiée par le nucléaire + et autre infos inquiétantes...

vendredi 18 novembre 2016, par C3V Maison Citoyenne

Nouvelle charge contre la situation financière d’EDF

et autres infos inquiétantes sur nos centrales...ICI —> [1]


Paris, le 17 novembre 2016 –

Les comptes d’EDF ne reflètent pas la réalité de la situation financière de l’entreprise.

C’est le constat qui ressort d’une étude rédigée par le cabinet AlphaValue, à la demande de Greenpeace, rendue publique aujourd’hui. AlphaValue montre, à partir de l’analyse d’hypothèses et de données publiques, qu’EDF sous-provisionne dans ses comptes les dépenses liées au démantèlement et à la gestion des déchets nucléaires, mais aussi que les investissements prévus par l’entreprise ne sont pas compatibles avec ses capacités financières.

Si les comptes d’EDF étaient sincères, la faillite serait déjà déclarée

Dans cette étude, AlphaValue constate qu’EDF sous-provisionne largement les dépenses de démantèlement et de gestion des déchets nucléaires. D’après la fourchette la plus basse retenue par AlphaValue, ce sous-provisionnement est d’environ 50 milliards d’euros. Le bilan actuel d’EDF donne donc une idée trompeuse de l’état de santé financière du groupe.

Pour Florence de Bonnafos, chargée de campagne énergie et finances à Greenpeace, « si EDF provisionnait les coûts réels de ces dépenses liées au démantèlement et à la gestion des déchets, sa faillite serait déjà déclarée. Ce n’est pourtant pas qu’une histoire de chiffres ou de comptabilité : EDF doit, dès aujourd’hui, mettre 50 milliards de côté. L’entreprise en est tout simplement incapable ! ».

EDF sous-évalue ses investissements futurs

AlphaValue liste dans cette étude l’intégralité des investissements sur lesquels EDF s’est engagée pour les prochaines années. Il en ressort que les investissements prévus par EDF ne sont pas compatibles avec ses capacités financières.

« En faisant la somme des investissements futurs, on réalise qu’EDF devra dépenser 165 milliards d’euros sur les dix prochaines années, une somme astronomique sur laquelle EDF se garde bien de communiquer ! » ajoute Florence de Bonnafos.

La seule marge qui reste à EDF est la fermeture de réacteurs

En analysant les résultats de l’évolution du modèle économique d’EDF à l’horizon 2025 et les impacts des différents scenarios liés à la loi de Transition énergétique, AlphaValue montre que, d’un point de vue financier, EDF bénéficiera sur le long terme d’une réduction de sa capacité nucléaire installée.
Et Alphavalue s’alarme de la faiblesse des provisions passées par le groupe pour le démantèlement des réacteurs et la gestion des déchets si on les compare à celles passées par les électriciens allemands (E.ON et RWE). Par gigawatt installé, les provisions d’EDF seraient deux fois trop faibles pour la déconstruction des installations, et trois fois moindres pour les déchets.

Pour Florence de Bonnafos, « en analysant le bilan financier d’EDF, il est évident que la stratégie industrielle de prolongation des réacteurs coûte plus cher que de les fermer.
EDF, déjà au bord de la faillite, n’a pas les moyens de sa politique nucléaire. Les dirigeants du groupe doivent arrêter de jouer avec le feu ».


Le rapport de la société "ALPHAVALUE" dans son intégralité ICI


Contact
Méryl Sotty, chargée de communication : 06 73 89 48 90

Notes

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Nucléaire, Areva veut tirer au clair l’affaire des falsifications au Creusot

Après la découverte de 400 dossiers falsifiés dans son usine du Creusot, Areva va étendre ses inspections à l’ensemble des pièces qui ont été fabriquées sur le site.
Le point le plus sensible concerne le problème rencontré sur un générateur de vapeur de la centrale de Fessenheim.

Mais que s’est-il vraiment passé ces cinquante dernières années dans les ateliers des Forges du Creusot, propriétés d’Areva, et qui fabriquent notamment des gros composants pour l’industrie nucléaire ?
C’est la question que se pose aujourd’hui l’ensemble des acteurs de la filière : Areva au premier chef, mais aussi EDF, son principal client et le futur propriétaire du site, la dizaine de groupes étrangers qui ont acheté des pièces sorties de cette usine, ainsi que l’Autorité de sûreté (ASN), qui dénonce des « pratiques inacceptables ».
L’affaire remonte à l’automne 2015, quand Areva décide de lancer une inspection sur le site, dans un contexte déjà tendu. Six mois plus tôt, EDF a découvert une trop forte concentration de carbone sur le couvercle et le fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville, qui a été fabriquée au Creusot.

Les découvertes de l’audit qualité sont stupéfiantes.

Sur les 9 000 dossiers de fabrication recensés dans l’usine, il existe 400 dossiers « barrés », comportant toutes sortes d’incohérences. Il s’agit, par exemple, de procédures d’essais mal renseignées ou incomplètes, de valeurs qui ne correspondent pas à ce qui est indiqué dans le dossier envoyé au client ou encore de chiffres arrondis. « Les gars faisaient cela pour gagner du temps, mais techniquement ils s’y connaissaient », souligne pour La Croix un expert proche du dossier.

Des « anomalies documentaires »

La direction d’Areva interroge une dizaine de salariés, sur les 200 qui travaillent sur le site, et décide de ne pas les sanctionner à condition qu’ils aident à comprendre ce qui s’est passé. Tous disent que ces pratiques durent depuis des années. Des sondages effectués dans les dossiers non barrés ont d’ailleurs montré que certains comportaient le même genre d’erreurs.
D’où la décision prise par le groupe d’éplucher un par un tous les dossiers, soit environ 8 600, dont 6 000 concernent le nucléaire. Le plus ancien remonte à 1943, et à 1965 pour le nucléaire. C’est donc un travail de titan qui s’annonce, au point qu’une méthodologie est en train d’être élaboré avec l’ASN. Réalisé avec l’aide de consultants extérieurs, le chantier devrait durer plusieurs mois.
En attendant, les « anomalies documentaires » déjà constatées sont en cours d’analyse. Sur ces 400 dossiers barrés, 230 concernent le nucléaire, dont environ la moitié sont des pièces installées dans le parc français. Au total, 87 irrégularités ont été signalées par Areva sur les réacteurs en fonctionnement d’EDF et 20 sur des équipements destinés à l’EPR de Flamanville, en cours de construction.

Des pièces mal forgées

L’ASN a travaillé en priorité sur les 23 cas présentant, a priori, le plus d’enjeux en termes de sécurité. Elle a conclu, pour 21 cas, « que les écarts identifiés ne remettent pas en cause la sûreté des équipements concernés ».
Reste donc deux cas : le générateur de vapeur du réacteur 4 de la centrale du Bugey, aujourd’hui à l’arrêt et dont l’examen se poursuit ;

et surtout les anomalies détectées sur une des parties (la virole basse) du générateur de vapeur du réacteur 2 de Fessenheim.

Ce cylindre creux de quatre mètres de haut et de trois mètres d’épaisseur, qui sert à renforcer une partie de l’enceinte du générateur, aurait été mal forgé en 2008. Le dossier indique que les rectifications devaient être réalisées à l’usinage, ce qui n’a pas été fait. Arrêté depuis juin, ce réacteur ne devrait pas redémarrer avant mars 2017, selon EDF.

Des essais complémentaires en cours

Le problème semble si complexe que l’ASN a suspendu le certificat d’épreuve du générateur, dans l’attente d’essais complémentaires. Pour mesurer sa résistance, les équipes d’Areva réalisent actuellement la même pièce, en fonction des indications portées sur le dossier barré. Les résultats devraient être connus d’ici à la fin de l’année.
Le sujet est d’autant plus sensible qu’il concerne Fessenheim, la plus ancienne centrale du parc d’EDF, que le président de la République s’était engagé à fermer au cours de son mandat. Un accord d’indemnisation (au moins 400 millions d’euros) vient d’être signé entre l’État et EDF pour fermer Fessenheim et l’électricien pourrait acter, en décembre, l’arrêt anticipé de sa centrale, malgré l’opposition des syndicats.
L’affaire pourrait aussi prendre une tournure judiciaire. Greenpeace et plusieurs associations ont annoncé vendredi qu’elles portaient plainte contre EDF et Areva. Elles ont également demandé au procureur de la République d’ouvrir une enquête préliminaire sur quatre délits majeurs, dont usage de faux et mise en danger délibérée de la vie d’autrui.


Le Creusot, berceau de la métallerie

Ex-Fonderie royale créée en 1782, les Forges du Creusot ont connu de nombreux propriétaires au cours de leur histoire, comme la famille Schneider, le baron Empain avec Creusot Loire, Arcelor et Areva depuis 2006.
Le site se présente comme le leader mondial en fourniture de pièces forgées et moulées, avec des presses pouvant aller jusqu’à 11 300 tonnes. Il travaille pour le nucléaire, l’industrie pétrolière et les constructions navales.
Pour le nucléaire, Le Creusot réalise notamment des cuves de réacteurs, des générateurs de vapeur, des pressuriseurs et toute la tuyauterie assurant la circulation de l’eau à l’intérieur de l’îlot réacteur. Il a équipé plus de cent réacteurs en Europe, en Chine et aux États-Unis.
Jean-Claude Bourbon


Et à part cela ?

EDF entrevoit enfin le bout du tunnel pour l’EPR de Flamanville

Les premiers essais d’ensemble démarreront au 1er trimestre 2017. EDF se dit très confiant sur la solidité de la cuve du réacteur, qui doit être validée par l’ASN.
Après bien des déboires, le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche) est entré dans sa dernière ligne droite. Avec six ans de retard sur la date prévue, et une facture multipliée par trois à 10,5 milliards d’euros, le réacteur nucléaire de 1 650 mégawatts (MW) d’EDF devrait entrer en service fin 2018, suivant le planning annoncé en septembre 2015.
« Le chantier a été remis sur les rails et il est aujourd’hui à son maximum d’activités », a assuré Laurent Thieffry, le directeur du projet, mercredi 16 novembre.

Premiers tests pour la turbine

En tout, 4 300 personnes s’activent sur le site. « Flamanville 3 ressemble plus maintenant à une centrale en fonctionnement qu’en construction », souligne Xavier Ursat, directeur exécutif d’EDF, en charge des projets nouveau nucléaire.
En août, les équipes de conduite ont pris place dans la salle de commande et les premiers tests de rotation de la turbine ont été lancés. En septembre, la dernière grue a quitté le site. Au 1er trimestre 2017, les montages électromécaniques, qui sont déjà réalisés à 80 %, seront achevés, et le début des essais d’ensemble pourra démarrer.

EDF n’a pas d’inquiétudes sur l’état de la cuve

Même les incertitudes entourant la cuve du réacteur semblent s’estomper. L’an dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a exigé une série de contrôles après la découverte d’une trop forte concentration de carbone dans le fond et le couvercle de la cuve.
Ces anomalies, qui sont intervenues lors du forgeage de l’ensemble dans l’usine Areva du Creusot, pourraient fragiliser la résistance de l’acier, déjà soumis à rude épreuve dans l’enceinte nucléaire.
Trois « pièces sacrificielles »
Aujourd’hui, EDF affiche sa « très grande confiance », après avoir réalisé une série de tests sur trois cuves, qui ont été forgées dans des conditions identiques à celle de Flamanville. L’une était prévue pour le réacteur d’Hinckley Point et les deux autres pour un projet de centrale aux Etats-Unis, aujourd’hui abandonné.
Ces trois « pièces sacrificielles », selon l’expression des ingénieurs, ont été découpées aux endroits litigieux afin de vérifier la solidité de l’acier. Au total, 1 600 mesures ont été prises.
L’ASN doit encore donner son avis
D’ici à la fin du mois, EDF transmettra son dossier à l’ASN. Mais selon lui, 90 % des essais qui déjà ont été réalisés affichent « des résultats de ténacité respectant les requis ». Les 10 % restants concerneraient des zones où la concentration de carbone est assez faible.
L’ASN doit rendre son avis avant la fin du premier semestre 2017. « Dans six mois, le débat sera clos, tranche Xavier Ursat. Pour nous, la cuve est apte au service, avec une bonne marge de sûreté et dans des conditions extrêmes. »
Optimisme chez EDF
Un refus de l’ASN entraînerait probablement la fin de Flamanville 3, puisqu’il faudrait démolir la double coque du bâtiment réacteur pour sortir la cuve.
Ce scénario catastrophe en passe d’être évacué, les dirigeants d’EDF affichent de nouveau leur optimisme sur l’avenir de leur réacteur vedette, alors que le groupe doit faire face à une série inédite de difficultés sur son parc français.

Le premier EPR chinois entrera en service en 2017

Le chantier des deux EPR à Hinckley Point, réalisé avec l’électricien chinois CGN, va bientôt être lancé. L’an prochain, à Taishan en Chine, CGN qui construit 2 EPR devrait en connecter un au réseau, qui sera ainsi le premier de la série à être en activité.
Avec un peu de chances, Taishan 1 pourrait même le premier réacteur nucléaire de 3e génération, à produire de l’électricité, devant l’AP1000 de Westinghouse, également en cours de construction en Chine par CNNC, l’autre géant chinois du nucléaire.

Bout de son chantier EPR en Finlande

De son côté, Areva commence à voir aussi le bout de son chantier EPR en Finlande, qui lui aura déjà coûté au moins huit milliards, au lieu des trois prévus.

Une mise en service est envisagée pour 2018.
D’ici à la fin de l’année, EDF espère également présenter une offre pour six EPR en Inde.

Un projet EPR « nouveau modèle » 30 % moins cher

En attendant, plusieurs centaines d’ingénieurs d’Areva et d’EDF travaillent à la mise au point d’un « EPR nouveau modèle » (EPR-NM), qui serait 30 % moins cher que l’actuel, grâce à un design simplifié et des procédures de construction standardisées, grâce aux retours d’expérience.
À l’horizon 2030, l’EPR NM servirait à remplacer progressivement le parc français actuel, espèrent les dirigeants d’EDF.
Le match avec les énergies renouvelables
« Le but, c’est qu’il soit moins cher en euros par kWh que la moins chère des énergies renouvelables qui puisse être installé au même endroit à cette époque-là. Ce qu’il faut, c’est qu’un EPR coûte à peu près cinq milliards d’euros », affirme Xavier Ursat,
Mais dans un monde de l’énergie qui évolue à toute vitesse, avec des énergies renouvelables dont les coûts ne cessent de baisser et des performances de stockage qui s’améliorent, l’horizon de 2030 parait encore très loin.

Jean-Claude Bourbon, à Flamanville

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