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Jeudi 11 décembre 2014 - 19h45 - Soirée C3V Maison citoyenne - Projection/débat :"Entrée du Personnel" (Documentaire sur les travailleurs en abattoir) - En présence de la réalisatrice Manuela FRESIL

lundi 1er décembre 2014, par C3V Maison Citoyenne

Grand Prix au Festival International du Documentaire de Marseille – Prix du Public au Festival « Filmer le Travail » – Prix du meilleur moyen-métrage Cinémambiente – Mention spéciale du Jury au Festival de Linz.
SOIRÉE PROJECTION / DEBAT - EN PRESENCE DE LA RÉALISATRICE DE CE FILM : Manuela FRESIL.

19h45 Salle Debussy - Joigny (89)

SOIRÉE PROJECTION / DEBAT
NOUS AURONS LE GRAND PLAISIR DE RECEVOIR LA RÉALISATRICE DE CE FILM : Manuela FRESIL LORS DE CETTE SOIRÉE !

Documentaire réalisé en 2011 par Manuela Frésil
Date de sortie : 01 mai 2013

Une maison a été achetée, des enfants sont nés.
On s’obstine, on s’arc-boute.
On a mal le jour, on a mal la nuit, on a mal tout le temps.
On tient quand même, jusqu’au jour où l’on ne tient plus.
C’est les articulations qui lâchent. Les nerfs qui lâchent.
Alors l’usine vous licencie.
A moins qu’entre temps on ne soit passé chef, et que l’on impose maintenant aux autres ce que l’on ne supportait plus soi-même. Mais on peut aussi choisir de refuser cela.

Entrée du personnel a été réalisé à partir de récits de vie de salariés et de scènes tournées dans de grands abattoirs industriels, sous la surveillance des patrons.
Bande annonce :

« Bravo la viande ! »

« Bravo la viande ! »
Ce film (d’une durée d’1h) raconte la vie des ouvriers dans l’une des grandes usines à viande du Nord-Ouest de la France. Ces ouvriers ont un destin commun : le travail les a usés, moralement et physiquement.

Voici un résumé de ce documentaire écrit par les cinémas indépendants (et engagés) Utopia :

On voit fonctionner de l’intérieur une énorme usine qui tue les bêtes et broie les humains : « L’abattoir est loin de tout, tout au bout de la zone industrielle. Au début, on pense qu’on ne va pas rester. Mais on change seulement de poste, de service. On veut une vie normale. Une maison a été achetée, des enfants sont nés. On s’obstine, on s’arc-boute. On a mal le jour, on a mal la nuit, on a mal tout le temps. On tient quand même jusqu’au jour où on ne tient plus… »

Manuela Fresil [la réalisatrice] construit son film à partir de récits de vies des salariés et de scènes tournées dans les grands abattoirs industriels. Elle capte un rythme, elle capte les vies, elle mêle les paroles des hommes et des femmes avec les images des travailleurs en action. Des images fascinantes par la répétition robotique des gestes à des vitesses qui semblent irréelles. Dès les premières séquences, on voit des ouvrières se saisir des poulets encore et encore, les ficeler, les empaqueter, les étiqueter à un rythme infernal que n’aurait pas imaginé Charlie Chaplin quand il tournait ses Temps modernes.

Manuela Fresil ne montre pas la souffrance animale, mais son effet autant psychologique que physique sur les hommes et les femmes dont le rôle est de donner la mort. Coïncidence, transfert ? Les douleurs professionnelles sont parfois localisées chez l’ouvrier à l’endroit où les animaux sont découpés. Il y a les conséquences des terribles cadences sur les corps, les gestes répétitifs qui vous obsèdent même la nuit, l’impossible détente : augmenter les cadences toujours, fournir toujours plus sous la pression du marché et de la production à bas coût… Tout est dit dans ce film de la « modernisation nécessaire » de la société dont on nous rebat les oreilles.

Des entrailles de cette usine à viande, qui broient les travailleurs aussi sûrement que les bêtes, on ressort éreintés. Pourtant, ça ne dure que cinquante-neuf minutes, mais la réalisatrice nous fait ressentir, jusque dans nos muscles, les ravages du travail à la chaîne. En demandant aux volontaires de mimer le geste qu’ils doivent accomplir à leur poste, huit heures durant, elle démontre la métamorphose de l’humain en automate.

Cadences démentes, cynisme d’un management

qui se fiche d’épuiser sa main-d’oeuvre tant que la crise lui fournit son comptant de « chair fraîche »... Ce brûlot dénonce l’une des pires aberrations de notre temps : les progrès de la mécanisation, loin d’aider les ouvriers, les ont maintenus en enfer. — Mathilde Blottière Télérama

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