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La centrale du Tricastin sera-t-elle remplacée par un EPR nouvelle génération ? Les opposants au nucléaire le refuse

lundi 8 février 2021, par C3V Maison Citoyenne

Drôme : le région la plus nucléarisée du monde menacée par 2 réacteurs européens à eau pressurisée (EPR)…

Communiqué commun – CAN84, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard (Chang), Greenpeace France, Ma Zone Contrôlée, Réaction En Chaine Humaine (RECH), Réseau « Sortir du nucléaire », Stop nucléaire 26-07, STOP Tricastin
Implantation d’EPR au Tricastin ? Une nouvelle lubie qui enfermerait encore un peu plus la France dans l’impasse nucléaire
Communiqué du 13 février 2020


Après le préfet de la Drôme en début d’année, ce sont 4 élus drômois [1] qui, s’arrogeant le droit de décider à la place de la population, demandent l’implantation de deux réacteurs EPR sur le site du Tricastin.

Derrière ces élus locaux, c’est bien EDF qui est à la manœuvre : n’est-il pas étrange que ce vœu, soit disant local, surgisse juste un mois après un vœu semblable émis par des élus « locaux » de l’Ain pour accueillir 2 EPR sur la centrale du Bugey ?!

Rappelons que le site du Tricastin comprend, outre les réacteurs, de nombreuses installations atomiques, est situé en zone sismique [2] et sous le niveau d’eau du canal de Donzère-Mondragon, exposant ainsi potentiellement le site à un débordement du canal ou à la rupture d’une de ses digues.

Le débit moyen du Rhône a baissé de 30% depuis 20 ans et si le phénomène se poursuit, il pourrait baisser de moitié et deviendrait insuffisant pour refroidir d’énormes EPR. Implanter des nouveaux réacteurs sur le site exposerait donc la population à des risques insensés.

En outre, l’EPR est une catastrophe industrielle et financière. Le chantier du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville, en Normandie, tout comme le chantier finlandais, n’en finissent pas de s’enliser. Selon les dernières estimations, ils auront plus de 10 ans de retard et coûteront 12 milliards d’euros au lieu des 3 annoncés initialement… Un vrai gâchis ! Ce fiasco est révélateur de l’état général de l’industrie nucléaire, où les affaires de malfaçons et de fraudes s’accumulent, symptôme d’une dérive généralisée de la filière. L’Autorité de sûreté nucléaire elle-même pointe une dangereuse perte de compétences et doute des capacités de l’industrie nucléaire à réaliser de gros travaux. De plus alors que les coûts* des énergies solaire et éolienne ne cessent de baisser : 50/70 euros le MWh, le coût du MWh EPR est annoncé à 120 euros …

L’avenir du site nucléaire du Tricastin devrait plutôt être dans l’arrêt des vieux réacteurs délabrés et à bout de souffle, à commencer par le réacteur numéro 1, accompagné d’un plan de reconversion des travailleurs et travailleuses.

Plutôt que d’investir dans des centrales nucléaires en fin de vie, il est urgent de développer massivement les économies d’énergie et d’investir dans les énergies renouvelables véritablement respectueuses de l’humain et de l’environnement (ce qui est loin d’être le cas du nucléaire), pour lutter réellement contre le réchauffement climatique.

Ainsi les riverains du site du Tricastin et des autres centrales n’auront plus à vivre avec le risque d’accident, la pollution des rejets chimiques et radioactifs et la crainte des transports de déchets et de « combustibles » radioactifs à haut risque.

[1] Célia de Lavergne députée, Marie-Pierre Mouton présidente du conseil départemental , Alain Gallu et Jean-Michel Cathelinois maires.
[2] Le dernier séisme en date le 11 novembre 2019 au Teil, à 15km du Tricastin était d’une magnitude de 5,4
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Sûreté de l’EPR ??
Risque lié à la tenue de la cuve

En avril 2015, l’Autorité de sûreté nucléaire révèle que la cuve du réacteur EPR de Flamanville, forgée par Areva, présente des anomalies de fabrication pouvant entraîner l’interdiction de leur utilisation, ce qui serait catastrophique sur le plan industriel et financier. En effet, les cuves sont déjà installées dans les réacteurs en construction et leur retrait exigerait de détruire en partie les réacteurs. Il faudrait aussi fabriquer de nouvelles cuves. La cuve impactée est celle de l’EPR de Flamanville. Celles des EPR chinois fournies par Mitsubishi et Dongfang Electric Corporation et celle de l’EPR finlandais sous-traitée par Areva au japonais Mitsubishi ne seraient pas concernées.

En juin 2017, à la suite de nouvelles études lancées afin de déterminer la gravité exacte des anomalies et de pouvoir trancher sur l’utilisation ou non des cuves, l’ASN demande à EDF de changer le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville avant 2024, puis, le 11 octobre 2017, autorise la mise en service du réacteur sous conditions.
Risque d’explosion de vapeur d’eau

Une étude de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) estimait, en 2003, que le réacteur EPR pourrait occasionner de puissantes explosions de vapeur qui pourraient rompre l’enceinte de confinement ; l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) avait d’ailleurs identifié un risque possible dans une première analyse en 2000. En 2005, selon le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le problème était connu et résolu ; le CEA et l’IRSN ont confirmé la résolution du problème pour l’EPR en 2008.

De plus, une telle explosion de vapeur d’eau provoquée par le contact du corium avec l’eau qui serait présente sous la cuve nécessiterait, au préalable, la fonte du cœur puis la percée de la cuve du réacteur par le corium, ce qui est un des accidents les plus graves possibles pour un réacteur à eau pressurisé. Ce scénario se rapprocherait de celui de Tchernobyl mais le RBMK (réacteur de grande puissance à tubes de force) est difficilement comparable à un REP (coefficient de vide positif, vitesse d’insertion des barres de contrôle trop lente et terminaison de ces barres en graphite, combustible peu enrichi, absence d’enceinte étanche de confinement). À Fukushima, les REB (réacteur à eau bouillante) privés de toute source d’alimentation électrique et de refroidissement pendant plusieurs jours ont, certes, subi une fonte importante du combustible. Mais un tel événement ne s’est jamais produit sur un réacteur du parc REP actuel (durant l’accident nucléaire de Three Mile Island, il y a bien eu fusion partielle du cœur, mais la cuve est restée intègre).

« Pour l’EPR, les résultats des études de sûreté, réalisées par AREVA et examinées par le régulateur britannique aboutissent à une fréquence de fusion de cœur de 2,7 10–7 par année-réacteur, soit près de 200 fois moins que pour les réacteurs EDF de 900 MW. ».
Risque lié à la chute d’un avion (accident ou terrorisme)

L’enceinte de confinement du réacteur EPR était initialement dimensionnée par les concepteurs de l’EPR pour résister aux dégâts provoqués par la chute d’un avion de chasse. À la suite des événements du 11 septembre 2001, la conception initiale a été vérifiée et adaptée pour tenir compte de l’ensemble des conséquences liées à la chute d’un avion de ligne. Ceci a conduit à un renforcement généralisé de la protection de l’installation vis-a-vis d’un impact direct et de ses conséquences.

Les capacités réelles de résistance de l’enceinte en béton sont en partie classées secret défense. Selon les autorités, il s’agit d’éviter que des terroristes éventuels puissent dimensionner leur attaque en fonction de sa résistance.

L’organisation Réseau Sortir du nucléaire conteste les affirmations d’Areva et estime que l’EPR ne résisterait pas à une chute d’avion de ligne : elle a rendu public, en 2003, un document confidentiel défense issu d’EDF relatif à la prise en compte du risque de chute d’avion dans la conception de l’EPR. John Large (en), expert britannique indépendant mandaté par Greenpeace, affirmait en mai 2006 que « l’analyse d’EDF semble être technique et solide » mais affirme que la quantité de carburant embarquée dans un avion commercial pourrait éventuellement provoquer une explosion et qu’il n’est pas impossible que les locaux abritant le combustible pourraient ne pas résister au choc causé par la chute de l’appareil.

Pour EDF, « EPR prend en compte la chute d’un avion commercial et comporte des dispositions pour se prémunir contre les effets et conséquences d’une telle chute » (existence de quatre trains de sauvegarde distincts, d’une coque de protection en béton autour de certains bâtiments, la mise en place de sondes sur la centrale devant permettre l’arrêt automatique du réacteur en cas de crash, explosion ou tremblement de terre).

La classification confidentiel défense des informations techniques fait l’objet d’une polémique ; Stéphane Lhomme, à l’époque porte-parole de Réseau Sortir du nucléaire, est placé en garde à vue le 16 mai 2006 par la Direction de la surveillance du territoire (DST), sur réquisition de la section antiterroriste du Parquet de Paris, pour possession d’un document classifié confidentiel défense relatif à la sûreté du réacteur EPR vis-à-vis du risque de chute d’avion, ce qui a suscité diverses protestations. Le lendemain, pour protester contre cette garde à vue, diverses organisations (Réseau Sortir du nucléaire, Greenpeace, Les Amis de la Terre, etc.) ont publié sur leur site web une copie du document confidentiel défense.
Risque lié au système informatique de sûreté

Le 2 novembre 2009, les autorités de sûreté nucléaire du Royaume-Uni, de la Finlande et de la France ont émis des inquiétudes au sujet du système informatique de sûreté qui ne distinguerait pas les opérations quotidiennes des fonctions capitales. En effet, la partie du logiciel chargée de contrôler le fonctionnement normal et celle agissant en cas de problème seraient trop dépendantes l’une de l’autre même si la robustesse du réseau en lui-même n’est pas remise en cause.

Le 9 juillet 2010 l’ASN française a fait savoir à EDF que les éléments transmis n’ont toujours pas été jugés convaincants et a demandé des compléments.

Le 12 novembre 2010, à la suite des réponses d’EDF et d’Areva dans le cadre du processus de certification de l’EPR au Royaume-Uni, l’Office for Nuclear Regulation (en) (l’Autorité de sûreté nucléaire du Royaume-Uni) a levé le point bloquant, ouvert en avril 2009, concernant le système informatique de sûreté (contrôle-commande numérique).

Début avril 2012, dans un courrier adressé à EDF, l’ASN française a levé ses réserves sur l’architecture du contrôle-commande de l’EPR Flamanville 3. Les Autorités de sûreté américaine, britannique et finlandaise poursuivent leur analyse technique sur ce sujet.
Risque d’inondation

Pour l’EPR de Flamanville, le scénario le plus négatif envisagé conduit à une vague à 8 mètres au-dessus du niveau de la mer actuel, ce qui laisse une marge de 4,60 mètres, sachant que le réacteur est construit à une hauteur de 12,60 mètres.

Selon Jacques Foos, scientifique membre de la CLI (Commission locale d’information) de Flamanville, les moteurs diesel qui serviraient à l’alimentation des pompes de refroidissement du réacteur en cas de perte du réseau électrique auraient été noyés s’il y avait eu la même vague que lors des accidents nucléaires de Fukushima. Cependant, le risque de tsunami de 17 m sur la côte normande est pratiquement nul, une telle vague ne risque donc pas de se produire au bord de la Manche : il n’y a pas jonction entre plaques océaniques ou continentale dans la Manche et la faible profondeur n’entraîne pas de risque de glissement de terrain sous-marin.
Risque de perte des alimentations électriques

Dans ses études d’accident de perte totale des alimentations électriques extérieures, EDF prend en compte la récupération de ces alimentations électriques extérieures au bout de 24 heures, néanmoins, les alimentations électriques de secours de l’EPR auront une autonomie de 72 heures.

Afin de pouvoir mieux répondre à ce type d’accident sur ses centrales actuelles en fonctionnement, EDF a annoncé la création d’une « task force » nationale d’intervention, la FARN (Force d’action rapide du nucléaire), incluant en particulier la constitution de matériels complémentaires d’apport en électricité mobilisables dans les 24 heures à l’échelle d’un site.
Fiasco financier

Les chantiers de Finlande et de Flamanville, commencés respectivement en 2005 et 2007, ne sont toujours pas achevés début 2020, parallèlement, leur coût a plus que triplé, augmentant de 3 milliards à 11 milliards d’euros pour la Finlande et 12,4 milliards d’euros pour Flamanville.

Étant donné les retards et difficultés à terminer les chantiers, entraînant les dépassements des coûts, la rentabilité économique reste à être confirmée après la mise en service industrielle.

Selon une étude présentée en mars 2018 par la SFEN, les coûts de construction (hors frais financiers pendant la construction) des premiers réacteurs EPR ont évolué de 2 025 US$/kWe, au départ, à plus de 5 215 US$/kWe, début 2018, pour le premier, celui d’Olkiluoto ; de 2 063 US$/kWe à 6 563 US$/kWe, pour celui de Flamanville, et de 1 960 US$/kWe à 3 150 US$/kWe, pour les deux réacteurs de Taishan en Chine. Les résultats de cette étude sont à revoir à la hausse pour ce qui concerne Flamanville, dont le coût de construction a été réévalué, en juillet 2018, de 400 millions d’euros.

En comparaison, les modèles concurrents ont également subi une révision à la hausse des coûts de construction, mais dans une ampleur bien plus faible : de 5 565 US$/kWe à 6 802 US$/kWe, pour les deux réacteurs APR1000 de Vogtle, aux États-Unis, de 2 650 US$/kWe à 2 807 US$/kWe, pour ceux de Sanmen en Chine, de 2 673 US$/kWe à 3 041 US$/kWe, pour les deux réacteurs VVER1200 de Leningrad, et de 2 800 US$/kWe à 3 500 US$/kWe, pour les quatre réacteurs Hualong en construction en Chine. Le principal facteur expliquant ces dérives serait la perte de qualification de la main-d’œuvre dans les pays européens et aux États-Unis, causée par l’absence de nouveau chantier pendant deux décennies, alors que dans les pays où d’importants programmes de construction étaient en cours (Chine, Russie), la dérive de coût a été moindre.
EPR de Flamanville : un énième épisode pour ce fiasco industriel

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé vendredi 5 juillet un audit sur le filière EPR, 12 années après le début du chantier du réacteur 3 de la centrale de Flamanville. Il devait être terminé en 2012 mais sept ans plus tard, le chantier s’éternise et le coût a été multiplié par trois. Un feuilleton qui n’en finit plus. Et dont le coût ne cesse de s’allonger… De 3,3 milliards d’euros en 2006, il atteint plus de 10 milliards d’euros aujourd’hui ! Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a annoncé vendredi 5 juillet avoir demandé un audit sur la filière EPR, après les déboires à répétition sur le chantier de ce réacteur nucléaire de 3e génération à Flamanville (Manche). « Je crois que ces incidents à répétition ne sont pas acceptables, ils ne sont pas compréhensibles. Ils ne sont pas acceptables de la part d’une filière nucléaire qui est un fleuron français », a déclaré Bruno Le Maire en marge des rencontres économiques d’Aix-en-Provence. « Moi je souhaite savoir ce qui s’est passé. Je souhaite savoir pourquoi on a retenu cette technologie EPR, pourquoi on rencontre tellement de difficultés, pourquoi est-ce qu’il y a eu malfaçon, pourquoi ces fameuses soudures n’ont pas bien été réalisées », a-t-il poursuivi.

MCD
dossier Média Citoyen Diois : https://mediascitoyens-diois.info/2020/02/drome-le-region-la-plus-nuclearisee-du-monde-menacee-par-2-reacteurs-europeens-a-eau-pressurisee-epr/



France 3 Auvergne-Rhône-Alpes
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Dans une lettre adressée à son PDG et signée par la présidente (LR) de la Drôme Marie-Pierre Mouton, de nombreux élus proposent à EDF la candidature du Tricastin pour accueillir des réacteurs nucléaires nouvelle génération de type EPR. Une prise de position contestée par "Stop Tricastin".
Publié le 08/02/2021
La centrale du Tricastin sera-t-elle remplacée par un EPR nouvelle génération ? Les opposants au nucléaire le refuse

Il se murmure, dans la presse et le monde politique, que, dans les projets d’EDF, deux sites basés en Auvergne Rhône-Alpes seraient en concurrence pour accueillir un nouvel EPR : le site du Bugey, dans l’Ain, ou celui de Pierrelatte, dans la Drôme. C’est pour "emporter la partie" qu’une démarche a été entreprise par la présidente (LR) de la Drôme, Marie-Pierre Mouton, sous la forme d’une lettre de candidature.

Le courrier, envoyé à la presse lundi 1er février, a été cosigné par des élus du département de la Drôme, du Vaucluse, du Gard et de l’Ardèche parmi lesquels on trouve Pascal Terrasse ancien président (PS) du département de l’Ardèche, Jean Michel Catelinois, maire (LREM) de Saint-Paul-Trois-Châteaux et président de la Communauté de communes de Drôme sud ou encore Alain Gallu (DVD), maire de Pierrelatte.

Dans un communiqué récent, l’association "Stop Tricastin", composée d’habitants opposés au nucléaire, balaye l’ensemble des arguments présentés dans ce courrier en faveur d’un tel projet.

Ils nient tout d’abord "l’acceptation du nucléaire par la population" qui est évoquée : "Dans le sondage BVA /ORANO évoqué dans la lettre des élus 29% des sondés autour de Tricastin estiment que la centrale est un handicap pour la région. Et rappelons que notre pétition pour la fermeture du réacteur numéro 1 du Tricastin a recueilli plus de 41 000 signatures dont 1024 en Drôme et 987 en Ardèche." répond l’association.
Des arguments défavorables au projet...
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