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Attac France - LES POSSIBLES - VERS LA FIN DE LA SÉPARATION SOCIÉTÉ/NATURE ?

samedi 19 décembre 2020, par C3V Maison Citoyenne

LES POSSIBLES

Revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

No. 26 Hiver 2020-2021

Introduction : Le monde est notre commun, à tous les vivants

par Jean-Marie Harribey

Pour introduire ce numéro des Possibles, commençons par rouvrir Les structures élémentaires de la parenté de Claude Lévi-Strauss [1], et retrouvons quelques-unes des maximes ou aphorismes qu’il met en exergue de certains des chapitres de ce livre fondateur de l’anthropologie du XXe siècle : « Un parent par alliance est une cuisse d’éléphant » (Rév. A.L. Bishop, cité dans l’introduction) ; « Ta propre mère/ Ta propre sœur/ Tes propres porcs/ Tes propres ignames que tu as empilés/ Tu ne peux les manger/ Les mères des autres/ Les sœurs des autres/ Les porcs des autres/ Les ignames des autres qu’ils ont empilés/ Tu peux les manger (Aphorismes arapesh cités par M. Mead, cité par Lévi-Strauss au début de la première partie).
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Dossier : Vers la fin de la séparation société/nature ?

L’homme en société et ses relations techniques avec l’environnement : ni nature, ni Gaïa
par Claude Calame

« La technique se présente bien plutôt pour Fourier comme l’étincelle qui met le feu aux poudres de la nature (…). La conception postérieure de l’exploitation de la nature pour l’homme est le reflet de l’exploitation de l’homme par les propriétaires des moyens de production. Si l’intégration de la technique dans la vie sociale a échoué, la faute en est à cette exploitation ». Ces mots introductifs, nous les devons à Walter Benjamin dans l’essai qui ouvre Paris Capitale du XIXe siècle (1939/2003 : 17).
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De l’éthique du statut à l’éthique des relations

par Catherine Larrère

La deuxième moitié du XXe siècle, à partir des années 1950, a été marquée par l’attention croissante portée à la dégradation de la situation environnementale, au niveau de la planète entière : déforestation, diminution des espaces considérés comme sauvages par suite de l’avancée des activités agricoles, industrielles ou du développement urbain, épuisement des ressources naturelles (énergétiques notamment), augmentation des pollutions (des eaux, des airs et du sol), croissance démographique rapide accentuant la pression humaine sur la terre, où de moins en moins de place était laissée aux vivants non humains. Non seulement l’environnement naturel était menacé par les activités humaines, mais les dégâts que celles-ci entraînaient mettaient également en danger la poursuite de la vie humaine et des activités techniques.
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Que donne la nature ?

par Alain Caillé

Quelques diversités qui aient pu exister entre elles, toutes les cultures traditionnelles ont en commun d’avoir considéré les relations entre les hommes et les êtres de leur environnement naturel, animaux, plantes, montagnes, étoiles, esprits du lieu, génies etc. comme des relations de don et de contredon. Il fallait donner ou rendre à la nature pour qu’elle continue à donner à son tour et se montre féconde et généreuse. Ou pour apaiser son courroux.
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Une illustration du « perspectivisme » amérindien avec Ailton Krenak

par Geneviève Azam

Ailton Kenak est une figure du mouvement des peuples autochtones au Brésil. Il vit dans l’État du Minas Gerais, dans un village au bord du fleuve Watu, contaminé par les pollutions toxiques venues de la rupture, en 2015, d’un barrage minier exploité par la célèbre multinationale brésilienne Vale et un consortium anglo-australien. Ce crime fut, écrit-il, dans Idées pour retarder la fin du monde, (Éditions Dehors, 2020) l’expérience d’un monde qui a pris fin. Et pour tous les peuples qui « ont reçu la visite » des Européens et qui sont morts, le monde a pris fin au XVIe siècle.
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Nature et société (culture) : de quelle séparation ou « partage » est-il question ? Un essai de clarification conceptuelle.

par Fabrice Flipo

L’humanité aurait connu une « séparation » avec la nature, et il s’agirait d’y mettre fin. À l’époque de la crise écologique, cette idée paraît évidente. Le souci est qu’elle est revendiquée par des partis pris très différents, d’un polanyisme vague évoquant la nécessité de « réenchâsser » la société dans la nature, jusqu’à la deep ecology d’Arne Naess, en passant par ceux qui, souhaitant se rapprocher de la nature, sont conduits à encourager l’étalement urbain. Le concept de nature, par sa généralité, égare bien souvent, les malentendus sont nombreux, d’où le succès de la solution latourienne qui invite à s’en passer, au profit d’une distinction humains / non-humains. Pourtant, ni les enjeux ni les mots pour les nommer ne disparaissent simplement parce qu’on décide de les taire. Au contraire, le débat gagne en confusion ce qu’il avait cru perdre en complication. À l’examen, le concept de nature ne semble pas poser de difficulté telle qu’il y aurait urgence à s’en passer, vers une « composition des mondes ».
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Les pieds sur terre, Lire “Abondance et liberté” de Pierre Charbonnier

par Jean-Marie Harribey

Dans la multitude de publications portant sur la crise écologique, je fais une place particulière à l’ouvrage du philosophe Pierre Charbonnier, Abondance et liberté, Une histoire environnementale des idées politiques (La Découverte, 2020). Un ouvrage d’une très grande densité, qui demande donc une attention soutenue, mais dont le lecteur sort enrichi de réflexions approfondies. Il ne répète pas ce que tout le monde connaît maintenant, des dégradations environnementales au réchauffement du climat, mais, dans les pas des anthropologues et philosophes comme Claude Lévi-Straus, Philippe Descola ou Bruno Latour, il propose une problématique susceptible de bousculer bien des croyances ancrées, aussi bien du côté des écologistes patentés que de leurs contempteurs. « Plutôt que l’histoire brève et continue de la prise de conscience environnementale, on écrira donc l’histoire longue et pleine de ruptures des rapports entre la pensée politique et les formes de subsistance, de territorialité et de connaissance écologique. » (p. 30).
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Numéro 26 - Hiver 2020
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Attac France — 2020
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