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POLLUTION AU MICROPLASTIQUE - LES LOBBYINGS INDUSTRIELS FONT PRESSION POUR EMPÊCHER L’EUROPE D’INTERDIRE LES MICROPLASTIQUES

mercredi 2 septembre 2020, par C3V Maison Citoyenne

nature et environnement
INTERDIRE DES MICROPLASTIQUES TOUJOURS PLUS PETITS

LE PROJET D’INTERDICTION DES MICROPLASTIQUES AU SEIN DE L’UE PERMETTRAIT À L’INDUSTRIE D’UTILISER DES PARTICULES ENCORE PLUS PETITES DANS LES COSMÉTIQUES, LES DÉTERGENTS ET LES PEINTURES, CE QUI POURRAIT ÊTRE PLUS DOMMAGEABLE QUE LES MINUSCULES MORCEAUX DE PLASTIQUE OBSTRUANT DÉJÀ LE MONDE NATUREL, AFFIRMENT LES MILITANTS ET CERTAINS CONSEILLERS DE L’UE.

POUR UN PLASTIQUE, IL EXISTE DEUX FAÇONS D’ÊTRE « MICRO ».

D’abord, involontairement, notamment à force d’usure des objets. Ainsi, les principaux responsables d’émission de microplastiques dans les eaux de surface sont les pneus de véhicules (94 000 tonnes par an), les granulés perdus pendant les processus de fabrication des plastiques (41 000 t), suivis du marquage au sol des routes (15 000 t), selon un rapport paru en 2017. Au total, 176 000 tonnes de microplastiques partent dans la nature européenne chaque année, a calculé l’ECHA. Si bien qu’ils sont partout, jusqu’au fond des mers où ils contaminent l’intégralité des poissons et fruits de mer consommables.

La Commission européenne demandera l’année prochaine l’interdiction d’ajouter intentionnellement des microplastiques à certains produits vendus en Europe, et ce suite à une proposition de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

L’ECHA a initialement cherché à interdire les microplastiques d’une taille minimale de 1 nanomètre (nm) pour les particules et de 3 nm pour les fibres. Mais suite à l’intervention de groupes d’experts et d’industriels, l’Agence a augmenté la taille minimale des particules de 100 fois, les passant à 100 nm pour les particules et à 300 nm pour les fibres.

LES PLUS PETITES PARTICULES SONT AUSSI LES PLUS TOXIQUES

L’analyse de l’ONG bruxelloise Bureau Environnemental Européen (BEE), publiée le 1er septembre, a déclaré que la nouvelle position de l’ECHA permettrait aux industriels d’utiliser des particules nanoplastiques plus petites.

« Cela donne aux fabricants une incitation perverse à passer de la production du micro au nano plastique, qui sont à la fois plus toxiques et plus facilement absorbées par les cellules vivantes », a déclaré le BEE.

L’ECHA justifie ce revirement en expliquant que cela permettra de garantir que la restriction puisse être appliquée. Des groupes industriels lui auraient indiqué qu’il n’était pas possible de surveiller les plus petites particules.

Le Comité pour l’évaluation des risques, un groupe d’experts qui conseille la Commission, a déclaré qu’il existe un « déficit de connaissances important », mais les recherches suggèrent que les particules plus petites sont plus toxiques et peuvent pénétrer profondément dans les cellules de la vie marine.

LES CONSÉQUENCES ENVIRONNEMENTALES

Ne pas interdire ces particules plus petites « peut conduire à une substitution regrettable par des particules de plus petite taille », a-t-il déclaré.

En Europe, environ 42 000 tonnes de microplastiques ajoutés intentionnellement sont rejetées dans l’environnement chaque année.

Des microplastiques, qui sont également créés lorsque de plus gros morceaux de déchets plastiques se brisent au fil du temps, ont été trouvés dans presque tous les environnements étudiés, y compris la glace de mer polaire et les tranchées océaniques les plus profondes.
Carte : "Sans a priori"
Article extrait de : Zegreenweb & un extrait du Monde Planète-20200902-[zone_edito_2_titre_5]]

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