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POLLUTION À L’OZONE EN HAUSSE DANS L’HÉMISPHÈRE NORD

samedi 22 août 2020, par C3V Maison Citoyenne

LA POLLUTION À L’OZONE EN HAUSSE DANS L’HÉMISPHÈRE NORD, malgré des réductions locales des émissions

Modélisation de la pollution de l’air aux PM2.5 de mars 2014 dans l’hémisphère nord, à une résolution de 10 km

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Juste pour le FUN la carte interactive des vents au niveau du globe :
https://earth.nullschool.net/#current/wind/isobaric/1000hPa/orthographic=-348.67,41.23,470

La présence de ce polluant dans la troposphère s’est accrue ces deux dernières décennies dans l’ensemble des régions étudiées, notamment aux tropiques.

The word news
Par Sylvie Burnouf

L’ozone est toxique pour l’homme, il affecte le rendement des cultures et il contribue au réchauffement climatique. Or, sa concentration dans la troposphère – la partie de l’atmosphère la plus proche de la surface terrestre et dont l’épaisseur varie entre 8 et 15 kilomètres environ – a continué à croître depuis le milieu des années 1990, en dépit de la réduction, par endroits, de certains des composants contribuant à sa formation, issus notamment du trafic routier.

Selon l’équipe franco-américaine à l’origine de ces résultats, publiés vendredi 21 août dans la revue Science Advances, cette hausse globale pourrait s’expliquer par l’émission accrue, dans certaines régions tropicales en développement, de polluants primaires comme le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2) qui, sous l’effet des rayons ultraviolets, contribuent à la formation d’ozone.

« L’ozone est difficile à mesurer » et il est donc en général ardu de déterminer avec précision s’il augmente ou diminue au cours de longues périodes, rappelle Cathy Clerbaux, directrice de recherches CNRS au Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales, qui n’a pas participé à l’étude. Mais ici, les observations reposent sur une méthodologie robuste, salue la chercheuse.

Les chercheurs ont en effet utilisé un seul et même instrument, intitulé IAGOS, pour la totalité de leurs mesures. Ce système embarqué à bord des avions de ligne permet d’évaluer de façon reproductible la composition de l’atmosphère en gaz et en aérosols. Ils ont ainsi décortiqué les données recueillies au cours de plus de 55 000 vols aériens réalisés entre 1994 et 2016 au-dessus de onze régions de l’hémisphère Nord, parmi lesquelles figurent l’Europe, l’Inde ou encore le golfe Persique.

Pic dans des régions tropicales en développement
Les résultats montrent une hausse médiane de la pollution à l’ozone dans la troposphère de 5% par décennie sur l’ensemble de ces régions. Si elles sont toutes concernées, l’effet était plus marqué en Asie du Sud-Est (+ 13,5 %), en Malaisie-Indonésie (+ 11,2 %) ou encore en Inde (+ 7,6 %). En cause : les émissions de polluants primaires liées notamment au trafic routier et aux combustibles utilisés pour le chauffage ou la cuisine, estiment les chercheurs.

« On voit que le maximum des émissions a diminué en latitude : il était, jusque dans les années 2000, observé dans des régions du monde occidental – Etats-Unis, Canada, Europe – où des mesures ont depuis été prises pour réduire la pollution », souligne Claire Granier, directrice de recherches CNRS au laboratoire d’aérologie de Toulouse et dernière autrice de l’étude, faisant référence, entre autres, à l’obligation d’équiper les voitures d’un pot catalytique.


Lire aussi cet excellent article dans INERIS :
https://www.ineris.fr/fr/risques/dossiers-thematiques/episode-pollution-atmospherique-ozone-decryptage

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