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SOIREE RENCONTRE C3V Maison citoyenne - Le 11 MAI avec le film " J’VEUX DU SOLEIL " de F. Ruffin & G. Perret - Invités : Les gilets jaunes !

mercredi 6 mars 2019, par C3V Maison Citoyenne

Un film de Gilles PERRET et François RUFFIN

Et place aux " Les Gilets jaunes " pour le débat "

Et pour bien finir la soirée ensemble, le C3V Maison citoyenne vous offre le pot citoyen BIO et avec toasts s’il vous plait !!
Entrée et tarif libre

" J’veux du soleil " : après " Merci Patron " (diffusé le 16 juin 2019 salle Debussy - Joigny par C3V - lire l’article ici...) , François Ruffin donne la parole aux Gilets Jaunes

Synopsis
Dans la vie des peuples, il est des saisons magiques. Soudain, des Corinne, des Carine, des Khaled, des Rémi, des Denis, des Cindy, des Marie, d’habitude résignés, longtemps abattus, se redressent, se dressent contre l’éternité d’une fatalité. Ils se lient et se liguent, leurs hontes privées, accumulées, se font colère publique, et à leurs seigneurs, à leurs maîtres, aux pouvoirs, ils opposent leurs corps, leurs barricades, leurs cabanes. Leurs voix, surtout : la parole se libère, déchaînée, pour réclamer une part de bonheur.

C’est un éclair, alors, qui déchire la nuit noire de l’histoire.
Un éclair,
un éclair jaune,
fluorescent même,

qui ne dure qu’un instant,
un instant seulement,

mais se grave dans les mémoires.
Derrière, le tonnerre fait résonner ce mot :

ESPOIR.

François Ruffin présente "J’veux du soleil", son documentaire sur les gilets jaunes

Comme en une hasardeuse chasse aux papillons, Gilles Perret et François Ruffin sont partis pour un road-movie dans la France d’aujourd’hui. En guise de filet, une caméra, pour capturer cet instant, magique, pour saisir sur le vif les visages et les voix des Corinne, des Carine, des Khaled, des Rémi, des Denis, des Cindy, des Marie.


Présentation officielle du film, par Gilles Perret et François Ruffin !

« C’est un film d’amour, je crois »


Gilles Perret et François Ruffin présentent « J’veux du soleil ! »

Lire l’interview par L’équipe de Fakir :

Fakir : Comment ça a démarré, votre projet de film ?

Gilles Perret : Par une coïncidence. Je traînais autour de l’Assemblée, j’avais un entretien dans le coin, et là je croise François qui me dit : « Tu viens bouffer au self avec nous ? » Avec son équipe, entre les carottes râpées et l’île flottante, ils étaient en train de machiner une traversée de la France.

François Ruffin : Ouais. Je savais que le pays vivait un instant magique, incertain, et donc, j’avais bloqué une semaine, mi-décembre, pour naviguer sur les routes, pour respirer pleinement ce moment. Pour nourrir un bouquin.

G.P. : Ces « Gilets jaunes » me titillaient moi aussi, j’éprouvais de la sympathie plutôt. Sans doute parce qu’on est de province tous les deux, l’un de Savoie, l’autre du nord, on n’a pas le jugement parisien, un peu hautain. J’étais passé sur des ronds-points, le 17 novembre, et j’avais découvert des visages que, d’habitude, dans les manifs, on ne voit jamais. Je me souviens d’un couple, au péage d’Annecy, avec la banane, une joie que tu ne vois pas souvent dans les manifs. Ils n’étaient jamais sortis, et là ils existent ! Et donc, pendant le repas, je propose à François de le suivre avec une caméra : il me répond « non », ce con !

F.R. : Bah oui, d’abord j’en ai marre d’avoir toujours des caméras et des micros au cul, je me sens surveillé, je me surveille. Je préférais le côté « lonesome cow-boy »...

G.P. : Mais j’ai pas lâché l’affaire...

F.R. : Surtout, je ne voulais pas d’un film sur moi. Le sujet, c’est vraiment les gens. Ils se réveillent enfin, qu’est-ce qui leur prend ? Je veux bien être le fil conducteur, au sens propre, ici, d’ailleurs, parce que je conduis mon Berlingo, de la Picardie jusqu’au grand sud, je veux bien qu’on regarde à travers mes yeux, par-dessus mon épaule, mais les héros, c’est eux ! C’est Cindy, c’est Marie, c’est Loïc, avec des histoires, à chaque fois, inattendues... C’est un film d’amour, je crois. Je veux dire à ces gens : « Je vous aime », ces gens si longtemps résignés, méprisés, qui se mettent debout maintenant. Je les aimais déjà avant, mais là, on montrerait leur beauté, leur fierté.

Lire la suite ici...



C’est à un autodafé que s’est livrée la police, à Dions : ils ont détruit « Marcel » !
Dans la France de Macron, on casse les oeuvres qui menacent le pouvoir.
Mais le peuple vaincra : « Marcel » va renaître, et partir en tournée... jusqu’aux Champs-Elysées ?

« Oh ! Punaise ! Mais c’est quoi, ça ? C’est qui, ce type-là ? »
Entre Nîmes et Alès, notre Berlingo venait de doubler une file de camions à l’arrêt. La pluie coulait sur le pare-brise, et entre deux allers-retours des essuie-glace, au milieu de nulle part, dans un paysage de boue et de béton, on découvre ça : un tableau géant.
"C’est qui, ce gars-là ? on se renseigne.
- C’est un vieux monsieur qui s’appelle Marcel, Marcel Sanchez, un maçon à la retraite, d’origine espagnole. Il a 77 ans, et il passe ses après-midis ici.
- Mais alors, comment le peintre l’a choisi lui ?
- Eh bien, il a regardé son visage, il a vu qu’il contenait les douleurs, les fatigues de la vie. Regardez. Et puis aussi, dans sa moustache, dans son oeil, comme une lumière, comme un sourire..."
J’étais ému.
"Hier matin, reprenait Dédé, Gilet jaune de Dions, les toutous de Macron sont venus tout démonter, on a préféré brûler notre cabane nous-mêmes. Mais la toile, on l’a sauvée !
- C’est un peu votre totem ?
- Voilààà !" s’écria un choeur.

C’est le meilleur de l’art, non ?
De venir s’installer, comme ça, au milieu des hommes, de tirer une figure inconnue du néant ? Et que tous s’y reconnaissent, que tous en ressentent une fierté ? C’était un peu une mise en abyme de notre film. Du coup, j’entamais un discours :

« D’habitude, dans la peinture, ce sont les saints, les rois, qui ont le droit à des tableaux comme ça... Aujourd’hui, à l’entrée de toutes nos villes, ce sont les marques qui s’affichent comme ça, en quatre par trois, Dunlop, Carrefour, MacDo... Là, c’est ’Marcel’, c’est personne, c’est tout le monde, c’est vous, c’est moi qui sommes élevés à cette dignité. Dans ce geste, dans votre tendresse pour ’Marcel’, je vois une révolte, une révolte esthétique : on ne lutte pas que pour des salaires, pour du pouvoir d’achat, mais aussi pour la beauté. La beauté on y a droit ! »

La semaine d’après, on apprend ça : les policiers ont, de nouveau, évacué le rond-point de Dions. Mais cette fois, ils ont capturé « Marcel », et ils l’ont cassé ce portrait géant. Ils ont méthodiquement détruit « Marcel ». Qu’on imagine l’inverse : si un Gilet jaune, muni d’une hache, était entré à la fondation Louis Vuitton ? Avait défoncé les « installations » de Bernard Arnault ? Le scandale national, aussitôt, international peut-être ! L’atteinte à la Culture ! Quels ignares, ces Gilets !
Là, c’est un autodafé tranquille dans la France de Macron. C’est la culture populaire qui est piétinée par le pouvoir, saccagée, humiliée. Une oeuvre qui appartenait au peuple, et qui - les forces de l’ordre au fond ne s’y sont pas trompées, les censeurs sont de bons lecteurs... - qui donnait force et courage à ces Gilets jaunes du Gard, dans le froid, sous la pluie.

« Marcel » brisé, on ne pouvait s’y résigner !
On a rencontré l’artiste, Swerd, qui est d’accord : « Vous me donnez le matériau, les panneaux, le madrier, et je le refais. » On a appelé Dédé, dans la foulée : « Mais ouais, sans souci, on va trouver ça ! », et lui fourmillait déjà d’idées : d’emmener Marcel dans une tournée qui se terminerait... aux Champs-Elysées !

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