Accueil > ENVIRONNEMENT > ENVIRONNEMENT INFO > ENERGIE > Brèves reflexions sur l’avenir energétique de la France

Brèves reflexions sur l’avenir energétique de la France

vendredi 25 janvier 2019, par C3V Maison Citoyenne

Deux mois après les annonces d’Emmanuel Macron, le gouvernement a mis en ligne, vendredi, son projet pour la transition énergétique.

Les annonces du président de la République, fin novembre, en pleine crise des « gilets jaunes », étaient passées presque inaperçues...

Le gouvernement confirme ainsi les orientations données par Emmanuel Macron : une baisse de la consommation d’énergies fossiles, le report à 2035 de la baisse de la part du nucléaire, un effort mesuré sur les énergies renouvelables, et une volonté d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

La baisse du nucléaire attendra

Dans le texte de la PPE, le gouvernement prévoit une baisse progressive du nucléaire pour réduire à 50 % sa part dans la production d’électricité en 2035 – contre 2025 dans la loi de transition énergétique votée sous le quinquennat Hollande. Ce report, entériné par Nicolas Hulot dans les premiers mois de sa présence au gouvernement, permet au gouvernement de repousser à une date assez lointaine les premières fermetures de réacteurs.

Une France en surproduction d’électricité ?


Le fait de multiplier les capacités d’énergies renouvelables tout en prolongeant la durée du parc nucléaire a une conséquence : [1] Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle : l’abondance de capacités sur le marché fait peser le risque de faire chuter les prix de marché à l’échelle européenne, ce qui pèsera notamment sur les finances d’EDF.

Face à ce risque, un futur gouvernement pourra décider de fermer préalablement des réacteurs nucléaires. Mais il pourrait aussi être tenté de limiter les investissements dans les renouvelables.

Une loi avant l’été 2019

Pour intégrer le report de la date de baisse de la part du nucléaire, le gouvernement présentera dans les prochains mois une loi sur l’énergie, qui devra inscrire noir sur blanc la date de 2035. Le ministère espère une « petite loi » qui se contentera de quelques ajustements, mais plusieurs parlementaires ont déjà fait connaître leur intention de se saisir pleinement du sujet, notamment au Sénat, où LRM n’est pas majoritaire.L’Hexagone est déjà le premier exportateur en Europe, et le texte de la PPE prévoit que la France vendra à ses voisins près du double de ce qu’elle exporte aujourd’hui. (???) Le texte de la PPE devra également être soumis à plusieurs instances pour consultation avant son adoption définitive, probablement à l’automne prochain.

Nabil Wakim


SENAT
Ce projet de loi, préalablement soumis au Conseil économique, social et environnemental, au Conseil national de la transition écologique, au Conseil d’État, et au Conseil national de l’industrie "fixe les objectifs, trace le cadre et met en place les outils nécessaires à la construction par toutes les forces vives de la nation - citoyens, entreprises, territoires, pouvoirs publics - d’un nouveau modèle énergétique français plus diversifié, plus équilibré, plus sûr et plus participatif".

Le titre Ier (articles 1er à 2) vise à définir les objectifs communs pour réussir la transition énergétique, pour renforcer l’indépendance énergétique de la France ( ??? ) et pour lutter contre le réchauffement climatique. Il propose ainsi notamment de réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à la référence 2012 et de porter le rythme annuel de baisse de l’intensité énergétique finale à 2,5 % d’ici à 2030 (article 1er).

Notes

[1la France devra exporter encore plus d’électricité qu’aujourd’hui. L’Hexagone est déjà le premier exportateur en Europe, et le texte de la PPE prévoit que la France vendra à ses voisins près du double de ce qu’elle exporte aujourd’hui. (???)

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © digitalnature sous Licence GPL