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« Profondément choquée », la CNCDH alerte sur le traitement des migrants à la frontière franco-italienne

mardi 19 juin 2018, par C3V Maison Citoyenne

AFP
La Commission nationale consultative des droits de l’homme estime que la puissance publique « renonce au principe d’humanité et se rend même complice de parcours mortels ».

« Profondément choquée », la CNCDH alerte sur le traitement des migrants à la frontière franco-italienne

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) est « profondément choquée » par les traitements des migrants à la frontière franco-italienne, « où la République bafoue les droits fondamentaux », affirme-t-elle dans un avis révélé ce mardi par La Croix.

Dénonçant « les violations des droits » des migrants et « les pratiques alarmantes observées sur ces deux zones frontalières », la Commission, dont l’avis est consultatif, estime que la puissance publique « renonce au principe d’humanité et se rend même complice de parcours mortels » dans cette zone.

Cet avis, qui doit être adopté ce mardi après-midi, est publié alors que la crise de l’Aquarius, le bateau-ambulance qui a accosté avec deux autres bateaux dimanche à Valence avec 630 migrants que l’Italie avait refusé d’accueillir, a provoqué une vive passe d’armes diplomatique entre Rome et Paris. L’Italie reproche à la France de lui renvoyer des migrants en la laissant en première ligne, tandis que Paris assure avoir fait preuve de solidarité via la répartition européenne ou l’aide financière et logistique.

La CNCDH, autorité morale qui avait déjà rendu un avis très sévère en mai sur la politique migratoire du gouvernement, s’inquiète notamment de voir que les migrants, dont de nombreux mineurs, entreprennent « des parcours de plus en plus dangereux à travers les Alpes ». Parmi ses griefs, le non-respect de la loi lors des refus d’entrée à la frontière, où les contrôles ont été rétablis en 2015. L’an dernier, quelque 50 000 « non-admissions » ont été prononcées aux points de passage.

Pour la CNCDH, la République française est « hors droit » en ne respectant pas plusieurs garanties légales, telles l’entretien approfondi, ou le délai d’un jour franc avant un éloignement. En matière de respect des procédures d’asile, elle relève que les autorités ont « indiqué qu’aucune demande d’asile n’avait été déposée à la frontière, ce qui ne peut qu’interroger ». La Commission dénonce aussi « des lieux de privation de liberté improvisés et non respectueux des droits », dont elle demande « la fermeture immédiate ».
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