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Lecure publique - Par Laurent GRISEL - Mardi 13 février 2018, Peter Weiss, : « il laissa un billet, dessus était écrit Faites l’unité »

lundi 15 janvier 2018, par C3V Maison Citoyenne, Yonne l’autre, yrid06

Bonjour,

Mardi prochain 13 février ce sera l’avant-dernière lecture du grand roman de Peter Weiss, L’Esthétique de la résistance.

Charlotte Bischoff, une des rares survivantes du réseau résistance "L’Orchestre rouge", songe aux événements passés et en cours, à tous les camarades qui ont sacrifié leur vie dans la lutte contre le fascisme. Le thème de ses souvenirs, de ses réflexions, est celui de l’unité de toutes les forces progressistes, quelles que soient leurs classes d’origine, quelques que soient les modalités de lutte et les modes d’être.

"Le vingt-neuf septembre Leuschner marcha vers la mort, il laissa un billet, dessus était écrit Faites l’unité."

Nous nous retrouverons à 19h00 à la librairie Bis Repetita, 41 rue Guillaume Cortel à Joigny, où le libraire, Philippe Baron, nous reçoit si chaleureusement.

La toute dernière lecture, quelques pages seulement, nous conduisant aux derniers mots de ce grand roman, aura lieu le mardi 13 mars.

Bien cordialement,

Laurent Grisel


SUITE...

- Samedi 24 février je suis invité par la bibliothèque populaire communale de Thury, j’y lirai des extraits d’une belle œuvre méconnue du XVIIIe siècle, L’Espion turc. Plus d’infos dans un prochain message.
- Pour ceux d’entre vous qui suivent cette histoire, le troisième volume, 2008, du Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après est parti en fabrication. Il sortira en librairie le 16 mai prochain. En attendant, vous trouverez en pièce jointe sont avant-propos et sa table des chapitres.

Journal de la crise de 2006, 2007, 2008,

d’avant et d’après

[2008 : Avant-propos]

Il n’y a pas de « crise de 2008 ». Les lecteurs de ce journal savent qu’elle a commencé bien avant. On ne peut pas dater le début d’une crise selon ce qu’en retient « l’histoire » car dans cette expression, l’histoire, l’histoire ce sont les journaux et les journaux sont possédés par ceux qui ont intérêt à cacher le plus longtemps possible ce qui a commencé depuis longtemps – la date qui
serait alors retenue serait toujours et fatalement tardive.
Si on prend pour date de début d’une crise économique le moment où les responsables politiques et économiques ont pris conscience de son avancée irréversible, et prennent, ensemble, des décisions en conséquence, alors ce fut, à peu
près, à la fin de l’hiver 2005-2006. Mais ce fut, de toute façon, bien plus qu’une crise économique. Nous y sommes encore, en 2018, et nous en connaissons toutes les dimensions psychologiques, écologiques, géopolitiques –
métaphysiques, même, puisque les catégories de pensées qui tourbillonnent dans l’air du temps pour saisir le monde sont fausses, elles font défaut, il faut les reprendre – et tout ce journal, ou plutôt son écriture, est un effort en ce sens – une bataille livrée contre les généralités et les bavardages, contre les charités aveuglées et aveuglantes, etc., dont on ne peut sortir que par un
surcroît de précision, par la recherche des relations de cause à effet, non en fantasmagories, surtout pas en lieux communs, mais matériellement, par la tenue ensemble de toutes les dimensions de l’effondrement en cours.
Au reste, ce n’est pas une crise. Ce mot induit un état passager, dans lequel on entre et dont finalement on sort pour revenir à l’état antérieur, avec quelques modifications et « progrès », certes. Mais c’est autre chose. C’est un Empire qui s’effondre et avec lui la civilisation qu’il a portée. Il n’y aura pas de retour aux affaires habituelles.
Il y eut en effet, comme une sorte d’apothéose, la faillite de Lehman Brothers annoncée le 15 septembre 2008. Pas vraiment ne surprise, elle fut précédée de faillites d’institutions de plus en plus grosses. Et toute cette année ressembla trop, côté finances, au scénario déjà entrevu à l’automne 2006 ; ce sentiment de déjà connu attachait ces événements au passé. Je ne sais plus si ce fut au printemps ou durant l’été 2008 que je décidai d’arrêter cette folle prise de notes le 15
octobre parce que, de toute façon, l’explosion aurait déjà eu lieu.
2008 fut pour moi l’année de la faim. J’avais noté, juste en fin d’année précédente, le 30 décembre 2007, sans en saisir la signification ni la portée, mais parce que c’était une vue d’ensemble de la misère au cœur de l’Empire, je l’avais lu, ce rapport d’étude sur l’augmentation des demandes de secours alimentaire (+ 35% à Detroit) et celle des sans-abri.
La faim revint dans mon actualité le 21 janvier, avec le prix du soja en Indonésie, elle devint évidente à Haïti,
puis dans des dizaines de pays partout, indissociable de la flambée des prix du pétrole ; j’appris peu à peu que l’inflexion décisive s’était produite en 2005, 2006, avec la brusque bascule de
l’agriculture industrielle vers la production d’agrocarburants – et les premières émeutes de la faim eurent lieu au Mexique début 2007 –, quant à l’ouverture des marchés à terme de matières premières sans limites elle commença en 1991, je l’apprenais le 27 juillet 2008, grâce à Paul Jorion, dans la note 21 du témoignage d’un gérant de fond spéculatif, Michael W. Masters, devant un comité du Sénat états-unien.
N’importe quel trajet parcouru une deuxième fois paraît beaucoup plus court – ainsi de cette année 2008 que je vécus comme si je la connaissais déjà – et dès son deuxième parcours un trajet connu est propice au recul, à la rêverie, rêveries qui entraînent vers le passé, vers les futurs possibles ; les deux derniers volumes de cette série de cinq, Avant et Après, en donneront une idée et c’est le rôle, sans doute, de ce troisième volume, 2008, comme un pivot, d’emporter avec lui l’expérience acquise en 2006 et 2007 vers ces recherches. Où ces lectures vous emporteront-elles, je ne sais pas.

Sommaire

Ils ont peur que ces fonds chinois les bouffent à leur tour
L’argent se porte massivement sur les matières premières et ça change tout
Si les monolines font faillite, eh bien, vous n’êtes plus couvert
Faire peur, cacher les causes dans un brouhaha de cris et d’exclamations
S’effondrer sous le poids de la neige
Des galettes de boue frite et épicée servent de repas.
Je n’aime pas qu’on fasse de la littérature avec ça.
Le cœur du débat, c’est la fluidification des relations sociales
Pourchasser des casseurs affamés
Les coupables, ce sont les États-Unis et les agrocarburants
Qu’a fait ou promis le Yémen pour obtenir cela ?
« Guerre des étoiles », qui s’en souvient ? Eux s’en souviennent
L’Algérie mise gros sur le dessalement de l’eau de mer
Aux Cayes, les manifestations ont tourné à l’émeute
La faim a détourné des milliards de bonnes volontés
Tout régime d’isolement augmente le pouvoir des dirigeants
Parfois ils disent : « C’est le monde à l’envers »
Tu peux lancer une attaque nucléaire à tout moment, au moindre prétexte
« Toutes les trois secondes, une bouche de plus à nourrir vient au monde », sourit Jonathan Blake

Dans les villages, des lots de petits agriculteurs tombaient dans la pauvreté
Eh, oh, sur quoi marchez-vous ?
Le gouvernement australien rachète des quotas d’eau
Vente d’eau en sachets plastiques
Et début 2007 ont éclaté au Mexique les premières émeutes de la faim
Les Chinois, toujours, la guerre contre la Chine
Neuf millions de personnes par an meurent de faim
Les voitures se remettront à rouler, d’abord dans un brouillard indistinct puis dans l’oubli

Documents joints

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