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Info (suite) migrants - Appoigny / Auxerre par " réseau Soutien Migrants "

samedi 12 août 2017, par C3V Maison Citoyenne

Le Président de la République a déclaré qu’il fallait régler la question des réfugiés "rapidement et dans la dignité". Les services de l’État ont donc pris leurs disposition "rapidement" mais pas du tout "dans la dignité".

Rapidement, cela s’est traduit par la mise en place du dispositif PRAHDA (PRogramme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile) qui vient s’ajouter à d’autres dispositifs déjà en place.
Parallèlement, l’État et la Caisse des Dépôts et Consignations ont racheté les hôtels Formule 1 dont le Groupe Accord voulait se débarrasser, et en a fait des "Centres PRAHDA". Leur gestion a été confiée à ADOMA que l’on connait depuis plus de 60 ans (chacun a entendu parler des foyers SONACOTRA) et qui est une succursale de… la caisse des Dépôts et Consignations.

"Rapidement" dit par le Président de la République, cela voulait dire tout de suite.
Alors, l’Office Français pour l’Immigration et l’Intégration (l’OFII) s’est empressé d’aller chercher des réfugiés qui se trouvaient dans d’autres Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) et les a placés dans les PRAHDA… avant même que l’on ait transformé ces anciens hôtels low-cost en résidences aménagées en lieux de vie… dignes.
À Appoigny, par exemple, (mais c’est la même chose dans les autres régions de France) un mois après l’arrivée des premiers réfugiés ils ne peuvent toujours pas cuisiner leur repas, ils n’ont toujours que le minuscule hall d’entrée pour se retrouver et échanger. Ils sont maintenant 36 dont 4 familles.

Rapidement, à peine arrivés, 4 d’entre eux, "dublinés", ont déjà reçu une convocation chez le Préfet qui leur remettent un billet d’avion d’expulsion. Tous les autres sont inquiets. Ils ont choisi la France et ils souhaitent y vivre. Mais être "dubliné" (relevant du règlement DUBLIN III) cela signifie être sous la menace de l’expulsion vers le pays qui les a contraints (parfois sous la menace ou la violence) à déposer leurs premières empreintes.

Rapidement, ils sont été placés en assignation à résidence avec obligation de pointer 3 fois par semaine à la gendarmerie… Lundi, Cissé n’a pas pu pointer, ni mercredi… car les gendarmes n’avaient pas encore reçu les formulaires nécessaires.

Bref, tout se passe comme si la "rapidité" annoncée avait fait place à la précipitation.
Et que la volonté affichée de "dignité" ne révélait, en fait qu’un profond mépris pour les êtres humains qui sont là.

Certains ont franchi des déserts, traversé la mer, subi toutes sortes de violence, été rançonnés… cela a duré parfois des mois…
Et là, dans un bureau de la Préfecture, une simple entrevue avec un chef de service : "Voilà Monsieur, votre billet d’avion. Vous retournez d’où vous venez ! On ne veut pas savoir comment ça s’est passé pour vous là-bas ! C’est le règlement !"

Les associations de soutien de l’Auxerrois, du Sénonais, de la Puisaye, des militants humanitaires, des citoyens émus se déplacent quotidiennement, sur place à Appoigny, avec quelques douceurs, quelques sourires, quelques conversations aussi puisqu’ils veulent apprendre le français… Chaque jeudi soir, sur la terrasse, à partir de 19h, un simple repas tiré du sac et partagé entre tous, et puis une assemblée où on fait le point, où on organise les actions des jours suivants.
Ce jeudi soir, bien sûr, on s’est préoccupé de ce que serait le pointage chez les gendarmes tous ensemble, et de ce que l’on pouvait faire pour retrouver le maximum de personnes à la manifestation de demain, vendredi, à Auxerre, à 18h, de Monoprix à la Préfecture.

Bonne fin de semaine
Pacco

Contact du réseau Soutien Migrants : rsm89@delair.lautre.net

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